‹ Virginie DejazetChapitre 52 sur 92 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Déjazet, qui, lors de la translation des cendres de l'Empereur, avait prié M. Arthur Bertrand de lui écrire jour par jour, heure par heure, les incidents de son pieux voyage à Sainte-Hélène, et qui garde comme un trésor ce journal particulier et confidentiel, que M. Arthur Bertrand a écrit à son intention et pour elle seule ;

Déjazet, enthousiaste de l'Empereur, s'intéressait naturellement à son neveu : n'était-ce pas un proscrit, un prisonnier? Aussi ressentit-elle plus vivement que tout autre une juste et légitime indignation en apprenant l'acte de sévérité inqualifiable qui frappait Louis- Napoléon. Dans le premier mouvement de son indignation, elle interrompt le cours de ses représentations, quitte Saint-Quentin, et se rend àllam pour visiter le Prince, et lui témoigner de vive voix l'intérêt général qu'il inspire, les sympathies réelles dont il est l'objet, et tous les vœux qu'on fait à Saint-Quentin pour sa prochaine délivrance.

Dans son exaltation de femme et d'artiste ^^

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elle croyait arriver facilement jusqu'au prisonnier. Maison ne pouvait arriver jusqu'à sa personne que lorsqu'on avait un ordre du ministre de Tintérieur ; le ministre n'accordait de permis qu'avec une grande réserve, et le commandant de la forteresse ne devait laisser passer que lorsque ces permis étaient contresignés par le commissaire de police. Les mesures de rigueur étaient extrêmes, la vie intérieure du Prince gênée dans les moindres détails, il était victime de vexations continuelles.

Déjazct ne put donc pénétrer jusqu'à lui, et cependant elle n'était venue à Hani que pour lui.

Elle se promenait seule et rêveuse autour de cette sombre et triste citadelle, elle considérait cet humide et pauvre bâtiment, presque adossé aux remparts extérieurs, dont le voisinage interceptait et la lumière du jour et l'air du dehors, lorsqu'elle fut tirée de sa contemplation douloureuse par un ami, dont r;ij)|)arition

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