CHAPITRE XII
blinie strophe de Victor Hugo, qu'elle appelle la première page de son bréviaire :
(( Donnez ! pour être aimés du Dieu qui se fit homme, » Pour que le méchant même en s'inclinant vous nomme, » Pour que votre foyer soit cahnc et fralernol; » Donnez ! afin qu'un jour, ù votre heure dernière, » Contre tous vos péchés vous ayez la prière » D'un mendiant puissant au ciel ! »
Que répliquer après cela?...
Elle met son crédit, son talent, son influence, de même que sa bourse, au service de tous, et cela avec une grâce, une complaisance, un empressement qui triplent le mérite du bienfait.
Que de gens doivent, à sa recommandation, leurs places, leurs engagements, leur position!
Que de lettres écrites de sa main en faveur d'infortunés vieillards!
«Monsieur , » Je n'ai d'autre titre pour venir à vous que mon nom
» d'artiste, d'autre droit que celui de réclamer ma part » de la sympathie que l'on vous dit avoir pour eux,...
Écrivit-elle un jour a iM. Davcsne, le directeur gênerai des ninisons d'asile du département de la Seine.
yi Et encore , cette part ne peut-elle exister que dans le » passé, car, étrangère maintenant aux théâtres de Paï) ris, je ne puis m^^me pas réclamer l'honneur de vous » faire passer une soirée agréable. Plus heureux, vous » pouvez beaucoup poiu' moi. Je parle ainsi, monsieur, » parce que, réglant votre cœur sur le mien, je trouve » que celui qui oblige est plus heureux que Tobligé, et » vous le serez doublement puisque nous serons deux à » vous bénir.
)) Voici le fait :
» Un bon vieillard de soixante et dix ans se croirait V) aux portes du ciel si vous lui faisiez ouvrir celle d'une » de vos maisons d'asile. La maison des Incurables nous ï> sourirait plus qu'une autre, parce qu'elle renferme y) un ami cpii lui ferait une douce société. Cet ami a nom ï) Prudent, c'est un ancien artiste, camarade à moi qui^ » lorsque je suis à Paris, vient prendre avec lui place à n ma table une ou deux fois par semaine. C'est ainsi » qu'ils se sont rencontrés, et que le désir de vivre à » côté l'un de l'autre est entré dans leurs pauvres âmes! n Réalisez ce beau rêve, monsieur, et vous aurez com- » mencé ce que Dieu finira.