CHAPITRE Xlll
pendule en rocaille et de candélabres du style de la Benai^îsnnce, le conduclenr vit aussi doux étagères à glace^ d».' Boule, où les slalu(^ltes, les chinoiseries, les curiasjlés se heurtaient et se pressaient en si grand nombre, qu'il ne put les examiner toutes.
Ce brave homme ne se connaissait point en peinture, il ne remarqua pas deux petits tableaux délicieux, un Watteau et un Fragonard, dont Baroilliet, Audian, Surville ou Cachardy donneraient certainement un bon prix s'ils étaient à vendre ; mais il s'extasia devant toutes ces couronnes d'or , parées de larges rubans moirés, étiquetées aux noms des villes de Lyon, de Bordeaux, de Marseille, de Nantes, de Dijon, et qui dans leurs cadres ovales se détachent de la tapisserie et captivent les regards peu familiers à ce mobilier d'un genre tout spécial.
Il contempla avec admiration cet album en deuil dont j'ai déjà parlé, et sur lequel sont exposés, dans un médaillon, les cheveux du
2U VIKlilNIt: DÈJAZLT.
héros d'AusUMlitz. Puis enfin, il ne put résister an désir de loucher de ses propres mains un petit épagneul en porcelaine de Saxe, qui est un des principaux ornements de la cheminée du salon. Sur cetle cheminée, sont jetés négligemment, au pied des gazogènes, les daguerréotypes de la maîtresse de la maison, de ses deux enfants et de Paul son tilleul, le fds d'Élise, dont jaurai Toccasion de parler bientôt.
Un autre eût examiné les daguerréotypes, mais le conducteur de diligence se contenta de tourner et de retourner Tépagneul en tous sens.
Il n'osait s'asseoir sur les tête-à-tète en S, ni sur le velours grenat des autres sièges élégants, et, cependant, un ouistiti de Tespèce la plus rare et la plus curieuse s'y pavanait effrontément. Marcher sur le tapis de Perse qui ornait cesalon, lui semblait un sacrilège. Bref, le pauvre conducteur se sentait fort mal à Taise.
Son embarras, son étonnement et son admi-