‹ Virginie DejazetChapitre 62 sur 92 · CHAPITRE XIIÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIIÏ

Le conducteur de diligence. — Le relais. Le curé de campagne.

Une fois, cependant, Déjazet eut le courage de refuser un service qu'on venait réclamer de son obligeance ; elle venait d'être la dupe d'un chevalier d'industrie, et se tenait, par hasard,

sur ses gardes.

Voici l'aventure :

Déjazet était dans sa chambre à coucher, en

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liMe-à-tvIo avec un vohinio (1(^ Victor Hugo, son poète favori, lorsqu'on vint lui annoncer (ju'nn conducteur dediligcnce Lariittedeniandnit i\ lui parler; elle donna Tordi'e (pTon h' fîl entrer au salon.

Ln conducteur de diligence au salon ? s'écriern avecétonnement quehjnc nri^^locrnlique ginnde dnme.

Eh! mon Dieu, oui, au salon! Déjazet ne fait faire antichambre à personne, elle donne audience à tous, au pauvre comme au riche, au noble comme au roturier, à l'artiste inconnu comme au lion le plus renommé du faubourg Saint-Germain, et cela tout de suite, sans retard, sans façon, avec autant dVmpressement que de grAce, avec autant de simplicité que d'esprit.

Le conducteur de diligence n'attendit donc point lonptempsla grande artiste, et, d'ailleurs, rendrait délicieux où il attendait était de na-

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Iliro à captiver assez vivement son atlenlioii, pendant les quelques minutes qu'il l'ut seul.

Le petit salon de Tappartcment que Déjazet occupait alors passap^e Saulnier, et qu'elle occupe encore aujounTlnii, était tendu d'un paj)ier grenat, sur lequel se détachaient de larges (leurs veloutées. Aux fenêtres, qui donnent sur une vaste terrasse, garnie de roses des quatre saisons, de dahlias donidcs aux nuances diverses, de lauriers, de ]ià(|uerettes, de lilas et de myosotis, se drapaient de magnifiques rideaux en lourde étoffe de velours, qui foisonnaienf également aux portières.

Ce salon était meuhlé avec un luxe artistique du meilleur goût.

Le conducteur de diligence ouvrit de grands yeux en voyant le vaste bureau en marqueterie sur lequel était exposée une couronne de pompons, liée par des dragonnes d'or, et rpii fut donnée à Téminente actrice j)ar les officiers

de l'école d'application de Metz. Cette couronne

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oriiriiiale, mise sous verre, reposait sur un moelleux eoussin de salin Meu ciel, voilé d'une denlello d'An^lalorre de la plus précieuse qualité.

Ce visiteur inconnu admira la Ijibliotlicque en ébène, incrusléc d\arabe^.qucs en or, datls laquelle Victor llu^nj coudoie Lamartine, Déranger Jean -Jacques Rousseau, Clialeaubriand Alexandre Dumas, et Molière la Bible!

Devant lord Byron , Walter Scott , Cooper , madame de Sévigné, le Sage, vêtus d'élégant*^ babilsdemaroquins, s'étalent orgueilleusement, une à une, les superbes pièces d'tm jcii d'échecs en ivoire, et des chinoiseries en porcelaine de Saxe du plus haut prix.

Unriclic piano, également en ébène incrusté, chargé des bustes d'AcLard et de Raucourt, |»uis de deux lampes Carcel montées sur de beaux vases du Japon aux dessins fantaqucs, attira encore l'attention du visiteur.

De chaque côté de la cheminée, garnie d'une

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