VALÉRIE, VIRGINIE
VALÉRIE
Ayant qu un chaste hymen dans ses nœuds te retienne, ^
Viens honorer encor la pudeur plébéienne ,
A son autel modeste épurer ton amour.
Et de ton père absent implorer le retour :
Viens; que nos soins pieux rendent ce jour prospère.
a TIRGINIE.
Au Forum, un instant, reposons-nous, ma mère. Laissez-moi contemt>lér ces Kéox où tant de fois De mon Icilius a retenti la voix.
Ces murs de son trioniphe ont gardé la mémoire. Et j'aime à m entourer des témoins de sa gloire.
VALÉRIE
Oui , contemple avec moi c^ Forum sbiennel.
Que les Dieux ont doté d'un honneur étemel :
Voilà cette tribune en grands hommes féconde ; Ce Capitole altier doit dominer le monde.
Regaï'de ces tombeaux, ces publiques splendeurs. Où Rome empreint déjà ses futures grandeurs , Et révère surtout ces chaumières antiques pu, 30US la toge encor gardant des mœurs rustiques, D'illustres citoyens, laboureurs et guerriers. Au soc de la charrue attachent leurs lauriers.
Ah ! je suis fière ici qu'un auguste hyménée Au sort d'un vrai J^oqiain joigne nia destinée.
VALÉRIE
Que ces lieux ioiposanSi même à traverà leur deuil ,
Eussent naguère eucut élevé ton orgueil !
Alors que des tribuns l'active indépendance
D'un sénat oppresseur con^nait l'imprudence ;
Que cet Icilius, à ton amour promis ,
Le plus jeune d'entre eux , «et le dernier soumis.
D'une voix éloquente , au peuple consacrée ,
Réclamait au Forum la liberté jurée.
Mais en ces jours d'horreur, où dix patriciens