ACTE III, SCÈNE VI
A d'un soldat absent embrassé la querelle !
Mon père, vous voyex ce Romain généreux; C'est Plancus; adoptant mes destins malheureux, Devant ce tribunal où j'étais outragée.
C'est lui qui m'a conduite et qui m'a protégée. VIRGINIUS.
O vrai père de Rome ! ô Romain des vieux jours I Les antiques vertus subsistent donc toujours! Autrefois, au milieu des tempêtes publiques, Un long respect gardait les foyers domestiques ; Des atteintes du crime ils semblaient préservés, (-7 A quels horribles temps sommes-nous arrivés! Je serais donc monté tout sanglant à Fidène, Et de loin, saluant la liberté romaine, Taurais hâté vers vous mon retour triomphant , Pour qu\in patricien m'enlevât mon enfant!... Non , périsse plutôt toute une race impie !
Elle a tenté le crime, il faut qu'elle l'expié ; Que le peuple, baigné dans ce sang odieux...
ICILIUS
Poursuis.
PLANCUS^ d'un t<m de reproche.
Virginius !...
Mais que dis- je, grands Dieux !
Il est vraL.. je m'égare... Excusez, ô mon père, De ce cœur indigné l'outrage involontaire :
Vous, du patriciat et l'exemple et l'honneur, D'un soldat et d'un père excusez la douleur.
Je ne suis point ami des discords populaires;
Je révérai toujours vo^ vertus consulaires,
Et mon cœur se reproche un coupable transport :
Mais vo|as me pardonnez, car vous plaignez mon sort.
(A sa Famille.)
Aux foyers menacés il est temps de nous rendre.
(A Plancns. )
Daignez les honorer; vous osiez les défendre. Je viens vous affranchir de ce généreux soin; Et ce sont eux, ici, que j*en prends à témoin. Tairné Rome, et la sers avec idolâtrie , Plancus; mais la famille est encor la patrie.
Fllf DU TEOISIEMB ACTE.