‹ Virginie: tragédie en cinq actes et en versChapitre 36 sur 57 · APPIUS, VIRGINIUS · texte numérisé non relu

APPIUS, VIRGINIUS

APPÏUS.

J'ai voulu, sans témoins, ici t'entretenir ;

J*honore un vieux soldat que Rome entière honore ,

Que d'un succès récent le noble prix décore ,

Et qui , dans le Forum aussi bien qu'au combat ,

A toujours soutenu le peuple et le sénat.

Aussi viens-je en leur nom rendre grâce à ton zèle.

Mais je dois prendre soin de ta gloire nouvelle,

Sauver un fils de Rome, en un mot t'éclairer

Sur les périls certains où l'on veut t'égarer.

Je sais d'Icilius les secrètes intrigues :

Déchu du tribunat, il en maintient le$ brigues^.

Et, fier.de s'emparer d'un nom comme le tien y.

A ses lâches projets il en fait un soutien. Tu ne dois pa$ servir des yœux que tu condamnes, Et livrer tes lauriers entre des mains profanes : Ce n'est pas seulement contre les ennemis Qu*un Romain tel que toi prot^fe son pays :

Dans les mura^ hors des murs tes devoirs sont les n^mes; Et ta gloire, rebelle à de ymdà stratagèmes.

Doit graiudir, s*il le faut, aux bords du mâme écueil , Ou d'un tribun hardi viendra. tomber l'orgueil. VIRGINIUS*

Il suffira d*nn mot pour calmer tes alarmes.

Tu le vois , au Forum je conserve mes armes , Qui me rappelleront qu'obéir au pouvoir, Quand la loi le consacre, est mon premier devoir. Mais elles garderont ma liberté chérie, Gomme elles ont gardé celle de la patrie.

Quiconque imprudemment ici l'attaquerait , Serait un ennemi que ce glaive atteindrait.

Je ne me mêle point à des brigues coupaMes ; Je prétends respecter tous les droits respectables ; Et quoiqu'il soit des maux que l'on pourrait guérir, Rome les souffre en paix, je saurai les souffrir. Biais si l'oppression, atteignant ma &miUe, Jusqu'au pied des atttels vient m'arracher ma fille, Je ne suis plus alors soldat, ni citoyen,

suis père... et ce fer ne respecte plus rien. Voilà ce qu'à son tour un Romain te déclare.

Voyant, de son côté, que toi-même on t'égare^ Que sous tes propres 1ms tu ne veux pas fléchir ^ Et que tu ne les ^s que pour t'en affranchir.

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