‹ Virginie: tragédie en cinq actes et en versChapitre 46 sur 57 · ACTE IV, SC^NE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SC^NE VI

O de roppression première ignominie !

Qui s'en croit épargné souffre la tyrannie :

Chacun se laisse atteindre en s'^solant toujours^ Et les proscriptions ont un paisible cours,

VALÉRIE

Hélas!

VIRGINIUS . tenant Virginie sur son cœnr.

Lorsque si tard après notre hyménée , Gomme un présent du Ciel elle nous fut donnée ; Quand je te la montrai dans mes bras paternels, Après l'avoir offerte à nos Dieux étemels, Et qu'entre Rome et vous partageant m^ tendresse , Tabandonnais mon cœur à toute son ivresse.

Si j'avais pu prévoir, si j'avais su qu'un jour Ma fille, subissant un effroyable amour, Aux fureurs d'Appius servirait de trophée.

Ma fille !••• (la regardant tendrement)

en ton berceau je t'aurais étouffée.

Tu m'inondes de pleurs, ton courage s'abat; Pleure.., je pleure aussi , moi qui suis un soldat. Flétri, blessé, trahi, sans espoir de vengeance. Je pleure de pitié, de rage, d'impuissance.

Non, de ton désespoir il faut me préserver:

Pleurer n'est pas agir, et je veux te sauver.

ICILIUS

Oui , nous la sauverons , ou nous mourrons pour elle : Rome a tous ses destins mêlés à sa querelle.

Moi surtout; et des Dieux je n'espère plus rien. S'ils ne me laissent pas mes droits de citoyen. Eh ! pourquoi des tyrans souffrir les privilèges !.,. . j

Se courber lâchement sous leurs lois sacrilèges! Mourons, si tous nos droits doivent être asservis. Pourquoi, Seftis Appius, une épouse, des fils? '

Les fils dlcilius voués à Vesdavage!

Ah! plutôt dans leur sang... j'en aurais le courage!

S*il le fallait...

VALÉRIE . les yeux Bxés sur Yirgùiie.

MafiUeL.ôciel!

VIRGINIUS, M Virginie.

Viens dans mes bras.

Non , Tamour d*un tyran ne te flétrira pas.

Mon sort est en vos mains.

Rome apprendra, j*espère , Qu'elle seule est esclave, et que je suis ton père. Rentre, ma fille; et nous, en ce fatal moment. Allons nous préparer à tout événement.

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