‹ Virginie: tragédie en cinq actes et en versChapitre 48 sur 57 · ACTE V, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I

PLAHGUS..

Je n ai jamais soufFeri les outrages d'un homme;

Mais je yeux tout souffrir pour la cause de Rome.

Que dis-je? en tes remords je veux même espérer,

Et je ne rougis pas enfin de t'implorer.

Jeune homme, à ton respect j'ai quelques droits peut-être;

Quand du pays sabin, où le ciel le fit naître,

Avec mille cliens^ ton aïeul vint à nous,

C'est moi qui dans ces murs les fis recevoir tous,

Fis admettre au sénat sa voix patricienne,

Qui fondai sous son nom la tribu Claudienne ;

Et les dieux auraient dû me faire pressentir

Que ses enfans un jour m'en feraient repentir.

J'étais consul alors; c'était l'époque ssùnte

Où Rome k Jupiter consacrait cette enceinte.

L'immortel Gapitole, où ton aïeul admis >

A nos sermens sacrés comme nous fiit soumis.

lÀy Rome hospitalière entendit sa promesse.

Et j'ai dû de ces faits instruire ta jeunesse.

Oserais-tù trahir ses sermens solennris ,

Et faire un tel outrage aux mânes paternels?

Non, tu ne seras pas infidèle à ta gloire^

Non, Rome et ses bienfaits vivent dans ta mémoire^

Et tu ne voudras pas que nos Dieux ^ sans autels,

Retirent aux Romains leurs décrets immortels.

Que faut-il, dis*leHfnoi, pour fléchir ta colère?

L'àpreté d'<m soldat aura pu té déplaire ;

Je connais tout l'orgueil de ta race et le tien ;

Eh bien! un sénateur veut oublier le sien.

Oui, tu vois à tes pieds ma vieillesse fidèle f

7a VIRGINJE.

Un des pères de Rome intercède pour elle; Et si Rome à ton joug ne saurait échapper, FrappCi avant que ce bras s'arme pour te frapper.

APPIUS

Je Tais te rassurer, car Rome aussi m'est chère; Je ne yeux point xavir une fille à son père ; Mais je yeux empêcher deux Romains factieux D'unir avec leur sang leurs projets odieux; Et qu'un tribun, bravant ma prudence alarmée, Gagne à ses intacts les chefs de notre armée. Toi, qui depuis Tarquin sièges dans le sénat, Ne te souvient^il pas aussi du tribunat?

Ne crains pas cependant leur turbulente audace : Le décemvir agit quand la foule menace.

Je suis prêt... Toutefois, tu peuxnout prévenir : Cherche Virginius; tâche d'en obtenir Qu'avec Icilius il rompe i'hyménée, Et je lui rends sa fille, à Marcus destinée.

Le Forum est tranquille et le peuple soumis, Et le vainqueur demain rejoint nos ennemis.

PLANGUS.

Peux-tu penser, ô del!...

APPIUS

C'est la dernière voie^ Et tu devrais, vieillard, la saisir avec joie. Sans trop se rabaisser, leur orgueil jdébéien Peut descendre, je crois, à l'exanple du mien: Je t*7 laisse penser dans ces momens suprêmes^

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