‹ Virginie: tragédie en cinq actes et en versChapitre 56 sur 57 · ACTE V, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE V

Votre tribun surpris succombe en ce moment ; Et déjà par mes soins sa troupe est dispersée.

Dieux !

APPIUS

^jlicteurs, séparez cette foule pressée.

Que Tesclaye à Marcus soit remise à Finstant.

VALÉRIE

MafiUe!

VIRGINIE , à Virginins.

Prévenez la honte qui m'attend.

VIRGINIUS ^ mettant la main snr son poignard.

Ehlûen!... non...

Dieux vengeurs, c'est donc vous que j'implore!

( Les licteors 8*emparent de Virginie. ) VALÉRIB.

Mes bras ensanglantés la défendront encore.

VIRGINIE ^ an milien des licteurs.

Secourez-moi y mon père, en de si grands périls. VIRGINIUS j hors délai.

Les pères ^ les époux, les enfans , où sont-ils? Romains... plus de Romains... Dieux tout-puissans !

(Se tournant Ters Appins.)

Écoute :

Puisque tu Tas jugé^ je fus trompé sans doute; Et c'était un enfant à Marcus enlevé...

Mais dès ses premiers ans c'est moi qui Télevai^ Et des soins les plus doux entourant sa faiblesse, Je fus toujours son père ; enfin , par ma tenàxQSse,^

' 8i VIRGINIE.

DéeeniTir, ne sois pas inflexible à ma voix,

Souffre que je lembrasse une dernière i(Às.

ymoiNifi.

Quoi! vous me repoussez loih de votre famille!

APPIUS j fiiisant signe aux Lieteiirs de laisser Vîrgîme.

licteurs... ^

VALÉRIE

Ce n est pas moi qui méconnais ma fille.

VIRGINIE j courant dans les bcas de son père.

Mon cœur me garantit que je suis votre enfant.

VIRGINITJS.

Si tu Tes!... Mais tu vois le crime triomphant. Ta beauté, ton honneur, voués à Tesclavage... Ma fille, mon amour té doit un dernier gage... Ouï, qu'on n*en doute plus!... je suis ton père. ( n lui enfonce son poignard dans le sein. )

YALÉRIE,

Ciel!

( EQe sondent sa fille dans ses bras. }

VIRGINIUS, à Appius.

Par ce sang qu'a versé ce glaive paternel , Je dévoue aux enfers ta mémoire et ta vie.

APPIUS ^ descendant du tribnnal.

Que cette arme sanglante à ses mains soit ravie. Rendez de l'insensé le courroux impipssant.

VIRGINIUS9 agitant le glaive.

Qui l'osera toucher ce fer teint de son sang?

Page 1