M. FERDINAND DUVAL
YEz-vous connu jadis le pianiste Goria ? Si oui, cela me dispenserait d'un plus long portrait.
M. Ferdinand Duval est en effet le Sosie du regretté artiste.
Sinon, je braque l'objectif.
Pour la taille un colosse ou peu s'en faut, avec des épaules comme devait en avoir feu Atlas pour porter le monde.
La tête se modèle presque à l'antique, n'étaient deux favoris-côtelettes qui n'ont rien de précisément romain.
Les favoris grisonnent comme les cheveux qui se raréfient et ne s'étalent guère que sur le haut
M. Ferdinand Durai 119
du front, où ils forment une sorte de petite aile ramenée à la façon de la mèche qui illustra si longtemps M. Emile de Girardin.
Mèche à part, le front sus-indiqué se développe avec ampleur.
Les traits ont la rectitude et la correction d'une tête d'étude.
Ils ont un peu aussi l'insignifiance légèrement banale des effigies classiques.
Pourtant l'œil a de la profondeur.
Large fenêtre... Y a-t-il toujours quelqu'un à la croisée ?
Toujours c'est beaucoup dire.
M. Ferdinand Duval est doué d'un organe rond, plein, sonore, qui aurait fait de lui un prédicateur suave à entendre. L'onction y est... pour l'acoustique.
Politiquement, M. Ferdinand Duval n';st peut-être pas aussi facile à esquisser.
La définition la plus juste que l'on en puisse donner me paraît être celîe-ci :
— Libéral autoritaire.
Je sais bien que ces deux mots sont lont étonnés de se voir juxtaposes.
Visasses sans Masques
Mais nous sommes dans le temps des accouplements baroques.
— Et son opinion politique? me direz-vous.
— Ah! oui... son opinion...
Tenez, si vous tenez absolument à le savoir, vous ferez bien d'aller la lui demander à luimême.
Il la connaît .. peut-être.