GUSTAVE DORE
C'est un officier, Un bel ollicier...
OMME chaulait M. Auber.
Officier de la Légion d'honneur,
^^^^^ qui n'en peut être elle-même que
fort honorée.
Gustave Doré, à l'heure qu'il est, est un
hommed'une quarantaine d'années, qui en paraît
bien une trentaine.
A-t-il donc quelque secret, quelque philtre d'éternelle jeunesse? Il y a presque encore du gamin dans cet artiste, qui a accumulé déjà assez d'œuvies pour remplir trois existences.
Gustave Doré 1 1 3
La figure pleine et ronde, fraîche et rose, n'a pas même été effleurée par la pointe d'une ride. La petite moustache est restée adolescente. Les cheveux en baguettes de tambour, comme on dit vulgairement, ne dissimulent pas même un .de ces flocons de neige dont l'hiver, dont l'automne même de la vie est souvent si prodigue.
Un tempérament de fer se cache sous cette enveloppe juvénile, qui ne connaît ni les courbatures du corps, ni les courbatures de la pensée.
C'est le crayon-express, c'est le pinceau et le ciseau à vapeur. A peine Doré a-t-il commencé une oeuvre qu'il en rêve déjà une autre.
Cela vous explique la passion avec laquelle il a été parfois discuté.
Ce n'est pas que son talent soit contestable ; mais il tient tant de place !
On a l'habitude déplorable en France de toujours vouloir chercher les défauts de la cuirasse au lieu d'admirer sincèrement et bonnement les qualités auxquelles un homme doit son illustration.
Doré ne pouvait échapper à la loi générale.
Vis^ifl'cs .'ians Masques
On a querellj sa peinture faute de pouvoir s'en prendre aux vertigineuses audaces de son dessin.
Donnez donc un Doré aux Allemands. Ils prendront toutes les pierres que nous autres nous lui jetons dans son jardin pour lui élever un piédestal.
Jamais une personnalité n'est l'art tout entier à elle seule.
Mais quand elle est l'artiste, c'est assez pour que chacun doive saluer.
Ce que je fais, très heureux de la distinction méritée qui vient, un peu tard, récompenser une carrière si prodigieusement remplie et très fier de redire tout bas le vieux refrain de Pierre Dupont :
Ils n'en ont pas en Angleterre,
Ni ailleurs, parbleu !
M. JOHN LEMOINNE
aille : Un mètre et je ne sais pas > combien de centimètres.
Paraît du reste se consoler de ^^^-^^L n'avoir que cinq pieds en admirant fréquemment celui qu'il insère coquettement en des bottines de femme.
Front : Intelligent ;
Yeux : Vifs plus que sympathiques. Quelque chose de métallique comme éclat... et comme insensibilité;
Ne\ : Se plaint en sens contraire, car il a en trop ce que la taille a en trop peu.
Douche : Pincée et moqueuse. J'y vois tout ce
Visaf^es sans Masques
qui dit esprit; j'y cherche en vain tout ce qui pourrait dire : bonté.
Menton : Ferme. N'a par conséquent nul rapport avec les opinions de son porteur.
Visage : Allongé, maigre et encadré dans des favoris d'une rigidité britannique.
Il y a d'ailleurs dans toute la personne de M. John Lemoinne beaucoup de l'Anglais brun. Tenue correcte du gentleman, parler tranchant, façons recherchées.
Le style, lui, affecte au contraire une fantaisie plus... artistique.
M. John Lemoinne est spirituel, très-spirituel, si spirituel que lui-même il se lasse de l'entendre répéter. Cependant prenons garde à l'échelle de proportion !
Quand vous allez au théâtre de l'Opéra-Comique, le mot le plus incolore y soulève une facile hilarité.
Placez le même mot dans un autre milieu, il paraîtrait... Je veux dire qu'il ne paraîtrait pas du tout.
On peut sûrement parier qu'il en est un peu ainsi de l'esprit de M.John Lemoinne.
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Dans le grave milieu des Débats, il semble pétillant de verve. Si sa prose passait soudain dans les colonnes d'un journal humoristique, le bec de gaz scintillant ferait peut-être l'effet d'un simple quinquet.
Pour ce qui est de la ligne politique de M.John Lemoinne, je n'ai pas besoin de vous dire que c'est une ligne brisée.
Je crois bien que ce publiciste s'est enlevé toute autorité par la rapidité imprévue de ses évolutions.
On peut l'entendre encore comme amateur (toujours sous réserve des milieux 1, mais l'écouter comme conseiller, jamais !
M. Lemoinne s'imagine que le scepticisme est la vertu qu'il faut pour régénérer la France. Le bon sens dit qu'il est le défaut qu'il faut pour achever de la perdre.
db