RHUMATISMES AIGUS SPÉCIAUX
LUMBAGO. — PLEURODYNIE. — STERNALGïE, GOUTTE
DIAPHRAGMATIQUE.
M. Radou , propriétaire du roulage, me Mauconseil, n° 25, me fit appeler il y a bientôt un an. Il était atteint d’un rhumatisme lombaire des plus aigus. Je lui fis une seule application le soir, et le lendemain matin je le trouvai dans ses bureaux vaquant à ses affaires, ne ressentant aucune atteinte d’un mal qui, douze heures avant, ne lui permettait pas un léger mouvement sans exciter de très vives douleurs, elle forçait à se tenir courbé en avant sans pouvoir se redresser. Cette guérison me fut racontée au bout de quelques jours, à moi-même, comme une chose merveilleuse, par M. Boucher, avoue, qui ignorait que ce fût moi qui l’eusse opéré, et qui avait vu le malade une heure avant que je fusse appelé.
— • M. Drago , rue Sainte-Avoie, dont le gendre, M. Péturet, est médecin, réclama mon intervention pour le débarrasser d’un lumbago très tenace; je fis trois applications et M. Drago fut compltéemènt guéri. C’est M. le docteur Péturet qui est venu me remercier de sa part et me solder mes honoraires.
M. Possoz, membre du conseil général du departement de la Seine, et maire à Passy, atteint d’un rhumatisme fibreux des lombes, se croyait, deux jours avant la fête du roi , dans l’impossibilité de faire partie du corps municipal qui devait se rendre auprès de Sa Majesté le 1er mai. Je ne suis pas le médecin ordinaire de M. Possoz, cependant il m’écrivit ces quelques lignes :
Vendredi, 29 avril 1836.
Mon cher Cornet , . . f .t
Je suis retenu chez moi par une douleur de rems qui me tait beaucoup souffrir; obligé d’aller dimanche à Pans, j ai besoin e me guérir promptement , et à cet effet je réclame votre assistance pour l’essai du fameux remède contre les douleurs rhumatismales
Soyez assez bon pour monter en cabriolet et venir me tnclionner d’importance.
Votre dévoué , etc. ,
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J’allais sortir; je pris tout ce qu’il me fallait, et je terminai mes courses à Passy, vers midi. Je fis une assez longue application à M. Possoz, qui se leva immédiatement
après, et se trouvait parfaitement bien; mais, vers six heures, on me remit le billet suivant :
Mon cher Cornet,
L’ennemi a reçu de bien rudes atteintes; mais il n’est pas encore vaincu. Si vous pouvez l’attaquer uue seconde fois , soit ce soir, soit demain matin, je pense que nous aurons satisfaction complété. Cette opinion, que je vous transmets, est la mienne, c est-a— dire celle d’un malade qui a déjà éprouvé de l’améliora-
Itvil •
Comme médecin et tacticien , vous avez certainement aussi une opinion arretoe sur ce qu’il convient de faire: décidez à votre erré et surtout sachez bien que c’est l’amitié qui vous adresse une provocation. Ainsi , ne vous gênez en rien.
Vendredi à quatre heures.
Tout à vous, Fréd. Possoz.
Le but n’eût pas été rempli complètement si M. Possoz ne s était pas trouvé en état de faire sa visite au roi. Je ne remis pas au lendemain la seconde application , dans la crainte qu’une troisième ne fût encore nécessaire : je la fis le soir meme entre neuf et dix heures; elle couronna l’œuvre, et M. Possoz put, le surlendemain, dimanche, 1er mai, satisfaite aux devoirs que ses fonctions lui imposaient.
— M. Nigon, tailleur, rue des Bons-Enfans, n° 34, fut subitement atteint d’une contraction violente et de douleuis tellement vives dans les parois de la poitrine, qu’il ne pouvait se défendre de craintes d’autant mieux fondées qu’il éprouvait en outre une forte suffocation. On croyait à 1 existence dune fluxion de poitrine ( pneumonie ). Je fus appelé dans un moment d’angoisse; mais ayant bientôt leçon nu la cause des accidens, une pleurodynie , je fis une application prolongée de la vaporisation et des frictions sur toute 1 etendue du thorax. Sous l’influence de cette médication, la respiration devenait de plus en plus facile, et le meme joui, M. Nigon, dans son atelier, au milieu de ses ouvriers, avait repris ses occupations et ne se ressentait de rien.
— MI,C G..., maison Beynier, Palais-Royal, n° 147, était depuis long-temps souffrante et croyait devoir être bientôt victime d une affection de poitrine, compliquée d’une gastrite. Depuis plusieurs mois un médecin distingué, professeur et membre de l’Académie royale de médecine, traitait M G... comme atteinte au moins d’une inflammation chiomque de 1 estomac, et la tenait en conséquence à un iegime extrêmement rigoureux. Ses forces se perdaient
chaque jour, et sou état était vraiment alarmant lorsque accidentellement je vis cette demoiselle. Dès ma seconde visite, je m’aperçus qu’on avait méconnu la cause des accidens, et que j’avais affaire à une sternalgie ou goutte diaphragmatique. Je fis avec précaution l’emploi de la méthode curative externe; après trois ou quatre applications, l’appétit est revenu, les digestions d’alimens divers se sont bien laites, et tous les phénomènes morbides se sont successivement dissipés. Au bout de quinze jours, MIle G... jouissait de la meilleure santé.
Les affections rhumatismales nerveuses et goutteuses sont des maladies extrêmement fréquentes; j’ai eu l’occasion de les traiter avec succès sur un grand nombre de sujets; mais je n’ai pu introduire , dans cette série & observations choisies comme pièces justificatives des avantages de ma méthode curative externe, que des cas de guérisons extraordinaires, ou opérées dans des circonstances qui donnent à mes rapports un caractère particulièrement démonstratif et authentique. C’est pourquoi je me suis borné, dans cette livraison, à quelques exemples spéciaux. Dans une prochaine série, je rassemblerai d’autres faits ayant pour objet de préciser les résultats que l’on peut obtenir dans le traitement des viscér algies , telles que gastralgies, cardiaïgies, entéralgies, cystalgies, hystérie, chlorose et palpitations de cœur; hj^pocondrie, asthme nerveux, abolitions et perversions anomales de la sensibilité ; tremblemens nerveux (danse de Saint-Guy), asthénie génitale, engorgemens
glanduleux spéciaux, goitre, indurations, squirrhosités, etc.
P. S. Le docteur Cornet se fait un plaisir d’adresser ce recueil aux malades auxquels il a donné des soins ; il croit pouvoir espérer qui s voudront bien lui faciliter les moyens de publier les succès qu ils auront obtenus, en lui transmettant les renseigneniens nécessanes poui justifier de 1 authenticité des faits rapportés. Cependant les personnes qui voudront garder Fanonyme peuvent etre assurées qu’il ne sera aucunement transgressé à la volonté qu elles auront manifestée.
Pour pratiquer la méthode curative externe, on peut se procurer des appareils dolorifuges dont le prix est de 25 francs et qui renferment tout ce qui est nécessaire pour un traitement ordinaire. Il n’existe aucun dépôt. S’adresser directement au docteur Cornet, en lui faisant connaître le siège et les accidens de la maladie, pour qu’il puisse apprécier l’utilité de la médication externe, ou transmettre quelques indications particulières.