AFFECTIONS LYMPHATIQUES
C’est surtout dans les maladies qui ont pour cause une altération des humeurs lymphatiques ou un trouble de leur circulation, qu’il faut mettre unegrar.de régularité et beaucoup de persévérance dans l’emploi de la méthode curative externe. Il en doit être de même pour les affections profondes des viscères. Je pourrais rapporter bon nombre d’exemples à l’appui de ce précepte; mais les nombreux détails que ces observations comportent me mèneraient trop loin ; je me bornerai donc à consigner ici quelques faits des plus concluaos et qui pourront servira sanctionner l’immense efficacité de la médication externe ; ensuite je donnerai succinctement la relation d’un assez grand nombre de guérisons obtenues dans un temps très court et par une seule, deux ou trois applications au plus des remèdes qui constituent la méthode curative.
La cure que je vais d’abord rapporter est tellement remarquable ; elle caractérise si exactement la puissance de ma méthode; elle est appuyée de doctimens dont l’autorité et l’authenticité sont tellement incontestables, que je dois donner à cette observation tous les déveioppemens dont elle est susceptible, pour établir d’une manière rigoureuse l’état désespéré dans lequel se trouvait la jeune malade qui en est le sujet, -et faire apprécier les effets pour ainsi dire miraculeux qiffiont été déterminés en raison de la gravité de l’affection lymphatique générale , et des acculons qui la compliquaient et menaçaient à chaque instant l’existence.
Le dimanche 28 février, on remet chez moi le petit billet suivant :
Monsieur le docteur Cornet est prié de venir, demain lundi, voir un enfant malade, rue de Bellefoîid, n° 22, cîie^ Mme Kicard^ Il
est prié aussi de vouloir bien indiquer l’heure à laquelle il pourra faire sa visite, le résultat de sa consultation devant être expédié pour l’heure de la poste au père de l’enfant, le colonel commandant la place de Calais.
Le lendemain, je me rendis auprès dç la malade. Je la trouvai dans la situation la plus déplorable, couchée sur un très grand lit mécanique destiné à faciliter l’administration des soins qu’il était nécessaire de lui donner, sans l’exposer à un mouvement brusque qui aurait pu devenir pour elle le coup de la mort, en déterminant la luxation des vertèbres cervicales, déjà fortement déviées par la pesanteur de la tête, fléchie sur la poitrine à tel point que le menton reposait sur la clavicule du côté gauche. La débilité était d’ailleurs si grande, que Mllc Ricard, pour satisfaire ses besoins excréteurs, n’aurait pu se placer sur un vase; l’ouverture pratiquée au milieu du lit mécanique obviait à cet inconvénient.
Après ce rapide examen, je demandai quelques détails sur la manière dont le mal s’était déclaré et développé, et sur les soins dont la malade avait été l’objet jusqu’alors. Mmc Ricard me dit que sa fille était à la maison royale de la Légion-d’Honneur de Saint-Denis lorsque les premiers accidens'se manifestèrent; qu’elle fut aussitôt traitée par les médecins distingués attachés à cet établissement ; mais les moyens qu’ils conseillèrent ne purent entraver le développement des phénomènes morbides, qui bientôt se montrèrent des plus alarmons. C’est alors que Mme Ricard s’étant rendue de Calais, où elle habite ordinairement avec son mari, auprès de sa fille, l’avait retirée cfe la maison d’éducation pour lui donner elle-même les soins minutieux que son état exigeait. Aussitôt une consultation avait eu lieu entre trois médecins. Voici la teneur de cette consultation :