I.a paupière , d’ ivresse encore toute humide
Le myrte rose au front . salut , ma belle Arntide :
Pourquoi ces fleurs d'un jour écloses en tes mains?..
. Tu veux du Capitole en Joncher les chemins... . .
Tu fuis... Oh ! réponds-moi , pourquoi le Capitole ?.. —
Le casque étincelant des feux d’une auréole .
Quel guerrier vient à moi?.. C'est vous, (traml Oodefroi!
Que porte cet esclave 4 ta suite , ô mon rot?
I j pourpre... le drap d’or... — Demain le Capitole!.. —
Est-ce lui qui me parle ou bien ma tôle folle.!
Toi , que m'apportes-tu , llenaud, uton beau guerrier?
La palme triomphale enlacée au laurier....
Merci , tous ! Oui , demain , demain le Capitole !
L'art 4 son prêtre saint jette sa flère étole;
Demain, pas un seul front, mou front, à ta hauteur;
Demain , l’esclave , roi! le fou, triomphateur!
Demain, le jour pompeux ! Demain , sacrés prodiges ,
Au front du char d’ivoire orné de ses quadriges ,
Moi , debout , rayonnant dans la gloire et l’amour.
Le Capitole en face , cl l’Italie — autour !
(Silence. — Soudain , Torquato épuisé prête l’oreille à un chant semblables celui qui précède, mais vague, triste, tombant dans le ton mineur.)
Où sont-ils ?.. Ils ont fui... — Près de la grille sombre.
Dans sa robe de deuil , quelle est cette pauvre ombre?.. Approche... Tu frémis?.. Viens, — dis-moi , que veux-tu ,
Toi qui fixes sur moi ce regard abattu?..
Ah 1 Clorinde , c’est toi !.. Pour son beau jour de fête .
Tu viens offrir aussi ton présent au poète...
Pourquoi cette pâleur et ces grands yeux voilés ?
Où donc ta robe blanche aux longs plis étoilés?
Pourquoi ce voile noir?.. Veux-tu qucTon te plaigne ?
Ah !.. la blessure encor sous le sein gauche saigue ,
Pauvre sainte !.. — Dis-moi , qu’as-tu 14 dans .ta main? *
Ma couronne... Merci, donne; c’est pour demain.
Mais pourquoi d’un cyprès la branche sombre, dure. Ecrase-t-elle ainsi sa joyeurc verdure ,
Et pourquoi la couvrir avec ton voile noir...
N’est-cc donc pas demain !. . Désespoir! désespoir!..
Demain le Capitole?.. Ah! tu fuis... je succombe...
Demain le Capitole!.. Oui, mais avant — la tombe!..
(Il tombe sans mouvement.)
lN>|vnnicrit d» M"*« Da Lècnaoi, tu* tTKiiffliein, 11.
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