‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 105 sur 392 · AE > E : A · texte numérisé non relu

AE > E : A

formule où le nombre k caractérise par hypothèse l’œil de l’observateur La méthode est contestable même en admettant le principe de Bouguer, c’est-à-dire la constance du nombre k.

Une étincelle envoie sur le disque mobile une quantité de lumière :

Q — f edt,

où t est sa durée; d’où lin éclairement moyen :

Eq mettant les choses au mieux, la méthode mesure l’éclairement moyen AE. La duree de 1 etincelle intervient donc au premier chef; car nous savons que cette durée est extrêmement variable suivant les conditions de la décharge. Au contraire Masson croit mesurer la quantité totale de lumière émise Q.

119. Transposition de l’échelle des intensités dans la peinture.

1° En admettant que la loi de Fechner s’applique aux sensations moyennes, elle est en defaut aux deux bouts de l’échelle : pour les éclairements très faibles, les objets sombres ne sont pas plus lumineux que les plus sombres; pour les éclairements très intenses, les objets clairs ne sont pas moins lumineux que les plus clairs. Dans le premier cas, 1 œil est en deçà du seuil de la sensation; dans le second, il est ébloui. D où la solution d un problème qu’Helmholtz pose en ces termes : « Dans un musée se trouvent côte à côte : un tableau représentant le deseï t avec une caravane composée de Bédouins et de nègres enveloppes de vêtements blancs, s avançant à travers la lumière ardente du soleil, un tableau représentant un clair de lune bleuâtre, où cet astre se réfléchit dans 1 eau, où dans l’obscurité apparaissent des groupes d arbres et de figures humaines. Les deux peintures sont éclairées par la même lumière; elles contiennent à peu près les mêmes blancs et les

VISION DES INTENSITÉS ET DES COULEURS

mêmes noirs. Expliquer qu’elles puissent donner simultanément la sensation de ce qu’elles représentent. »

Les éclairements réels d’une étoffe blanche en plein soleil et au clair de lune sont dans un rapport qu’on évalue à 300 000. Quoi qu'il en soit de ce nombre, il est incontestable que l’étoffe blanche est représentée picturalement au plein soleil avec une intensité qui est une petite fraction de l'intensité réelle, tandis qu’elle est représentée au clair de la lune avec une intensité qui est un multiple élevé de l’intensité réelle. D’autre part le noir pictural n’est jamais absolument noir; il serait à peine assez foncé pour représenter la vraie luminosité d’un objet blanc éclairé par la lune.

2° — Voici la solution du problème posé.

Pour représenter un plein soleil, le peintre fait tous les objets presqu’également lumineux; pour représenter un clair de lune, il enveloppe presque tous les objets d’une ombre opaque et n'éclaire que les plus lumineux. S’il pouvait employer des couleurs d’un éclat aussi brillant que la lumière solaire ou aussi faible que la lumière lunaire, il pourrait conserver sur un tableau les rapports exacts des intensités. Mais devant utiliser dans tous les cas des intensités moyennes auxquelles s applique la loi de Fechner , il est forcé d'introduire dans les rapports les variations même que l'inapplicabilité de la loi de Fechner aux deux bouts de l’échelle amènerait dans les rapports réels.

Il transpose donc les intensités suivant la loi même que les propriétés de l’œil réalisent pour les intensités réelles. Je reviendrai là-dessus au § 266.

Nous verrons que la loi de Purkinje amène une autre espèce de transposition : les blancs du plein soleil doivent être jaunis, les blancs du clair de lune doivent être bleuis. L’artifice serait inutile pour les intensités vraies; il devient utile pour les intensités dont on est obligé de se servir.

Page 1