‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 121 sur 392 · Chandelles et cierges · texte numérisé non relu

Chandelles et cierges

1° — Chandelles de suif.

Une chandelle est un cylindre de su//* (graisse de bœuf ou de mouton) pourvu d'une mèche axiale de coton. Le boucher livre la graisse en branches , c’est-à-dire adhérente aux membranes. On divise ces branches en fragments qu’on jette dans une chaudière de fonte ou de cuivre chauffée à feu nu. Quand le suif est fondu, on le verse sur une écumoire qui retient les matières solides. Tel est le procédé le plus ancien.

Le principal perfectionnement consiste à fondre en autoclave vers 110°, dans de l’eau acidulée par l’acide sulfurique. Les membranes se dissolvent ; le suif se sépare et forme une couche à la partie supérieure. On le décante au moyen d’un robinet latéral; on fait refroidir dans des cuves en bois doublées de plomb.

Moulage des chandelles.

On fait les moules à chandelles en un alliage de plomb (2 parties) et d'étain (1 partie). La portion cylindrique du moule, polie à l’intérieur, est coiffée d’un chapeau plus ou moins conique, formant entonnoir, ou d’une plaque percée, destinés à tenir l’extrémité supérieure de la mèche.

Les mèches sont en coton, sans nœud, ni brin cassé, ni corps étrangers qui feraient couler la chandelle. Un nœud arrête la mèche dans le chapeau; elle est maintenue tendue par un petit taquet de bois qui passe dans un trou percé à la base du moule (fig. 129).

On enfile les moules dans une forte planche horizontale; on les remplit de suif porté à une température convenable. Trop chaud il adhère au moule, trop froid il donne une chandelle non homogène. Quand le suif

ÉCLAIRAGE

est refroidi, on démoule en tirant sur le chapeau. Un appareil permet de remplir une douzaine de moules d’un coup : c’est un demi-cylindre portant 12 trous à sa base qui se placent devant les 12 moules et qu’on débouche et rebouche simultanément.

Le grand inconvénient des chandelles est le point de fusion très bas du suif (33°).

2° — Cierges et bougies de cire.

La cire est préférable au suif parce qu’elle est dure et ne fond que vers 65°; mais elle est chère.

Au sortir des ruches la cire est jaune, verte ou noire.

On l'utilise parfois telle quelle; ordinairement on la blanchit par l’action de l’air et de la lumière.

On la fond, on la coule et on la débite en rubans minces, ce qui augmente la surface et accélère le blanchiment. Pour cela, on l'amène fondue dans une auge percée à sa base d’une file de trous de 2 mm. de diamètre; elle s’écoule dans de l’eau froide sur un cylindre de bois en rotation.

On expose les rubans sur des toiles à l'air et au soleil ; on les remue de temps en temps. Ils se décolorent peu à peu. On doit renouveler plusieurs fois l’opération de fonte et de rubanage pour blanchir toute la masse.

Le moulage se fait comme pour les chandelles, parfois avec des moules de verre.

On fabriquait autrefois des bougies moins fusibles avec du suif mêlé de cire, ou enrobé dans un revêtement de cire. Dans ce dernier cas, avant de couler le suif, on verse dans le moule un peu de cire fondue et on le roule horizontalement, ce qui l’enduit d’une couche régulière.

Le mot bougie vient de la ville algérienne de Bougie qui exportait beaucoup de cire (utilité évidente des étymologies).

Page 1