Expériences de Broca et de Sulzer
E — Un carton blanc A est éclairé par un bec (Auer de 6 carcels) lui-même diaphragmé par une fente à bords horizontaux.
Les objectifs L1 et L, en donnent les images réelles et P2.
En E est un épiscotister (voir plus haut) faisant un tour à la seconde.
En P est un petit carton blanc éclairé par un bec B2.
L’expérience consiste à obtenir que l’image aérienne discontinue P3 ait même éclat que le papier P.
On place l’œil en O derrière le système d’une pupille de 2,5 mm. de diamètre et d’un verre correcteur.
Chaque série d’expériences, par suite chaque courbe représentative,
correspond à un éclairement d’un certain nombre de bougies-mètre imposé au papier A. Chaque point de la courbe correspond à une certaine valeur de l’angle de l'épiscotister déterminant une certaine durée T de l’image aérienne — et à un éclairement corrélatif E du papier P nécessaire pour réaliser la condition susdite.
Voici quelques nombres pour fixer les idées.
L’éclairement en A étant de 126 bougies à un mètre, Broca trouvait pour les éclairements E du papier P et pour les durées corrélatives T (en millièmes de seconde) de l’image aérienne P2 :
T— 4 8 16 31 62 125 250 oo
Ainsi quand l’image aérienne dure 31 millièmes de seconde, elle
PERSISTANCE DES IMPRESSIONS LUMINEUSES 263
paraît à Broca près de 5 fois plus brillante que quand elle est permanente.
2° — On doit fixer un point invariable, il faut éviter que la ligne visuelle erre, puisque l’expérience suppose expressément qu au début de chaque apparition, la portion de rétine qui doit recevoir 1 image aérienne, s est reposée, a repris sa sensibilité ( laquelle , c est ce qu il est bien difficile de savoir). Les auteurs disent qu’il suffit pour cela d’une seconde entre les apparitions. « Il fallait se placer, disent-ils, dans des conditions d’adaptation bien déterminées : c’est ce que nous avons fait en nous plaçant dans la chambre noire. » Pour qui sait combien il est dit flcile de fixer , on peut expliquer la différence des résultats de Broca et de Sulzer (du simple au double) par une légère oscillation involontaiie de la ligne visuelle. On n’est pas dans une chambre noire, quand on regarde à quelques centimètres d’un papier dont 1 eclairement est de
quelques centaines de bougies-mètre. ^
J’insiste parce que toutes ces expériences butent sur la même difficulté : définir ce qu'on mesure + Pour bien faire, il faudrait mettre 1 œil longtemps dans le noir ou devant un éclairement bien déterminé, pioduire une seule fois l’image P2 pendant un temps T connu, et trouvei le moyen d’en mesurer l’éclat E.
On ne recommencerait qu’au bout d’un temps assez long pour que la rétine soit Revenue dans un état bien déterminé.
Comme on' devait s’y attendre, plus l’éclairement du papier A est grand, plus est grandie rapport du maximum d’éclat de 1 image aéiienne à son éclat en régime permanent.
Voici quelques nombres pour fixer les idées.
E désigne l’éclairement du papier A en bougies à un mètre, R désigne le rapport ci-dessus défini :
Le régime permanent semble atteint après des temps de 1 ordre de quelques secondes.
30 — Inertie rétinienne relative au sens des formes.
Le même appareil sert à déterminer l’inertie rétinienne relative au sens des formes. L’objet à reconnaître est dessiné sur le papier A; son image se fait en P2. C’est, par exemple, un certain nombre de traits noii s parallèles et équidistants.
Dans une première série d’expériences, on fait varier 1 acuité visuelle exigée de l’observateur : il s’éloigne plus ou moins de P2.
L’image apparaît sur fond noir pendant le temps T: un îeticule faiblement éclairé placé en P2 permet d accommoder exactement sui le lieu de l’image.
La figure 179 donne l’allure des résultats pour un éclairement E du papier A égal à 170 bougies à un mètre.
Quand l’éclairement du papier diminue, le temps nécessaire à la distinction4 des formes augmente, de manière que le produit ET reste à
Fig. 179.
peu près constant. Ainsi pour un éclairement de 10 bougies-mètre et l’acuité 1, il faut une durée de l’image égale à 0,16 seconde.
On peut fatiguer l’œil par un éclairage constant : il suffit de peindre l’épiscotister E en blanc et de l’éclairer latéralement.
La durée nécessaire à la distinction des formes augmente.
Toutes ces expériences butent sur la même difficulté : la production des images accidentelles. Pour qu’elles aient un sens bien défini, il faudrait que l’apparition de l’image soit unique.