‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 192 sur 392 · Substratum divers de la peinture · texte numérisé non relu

Substratum divers de la peinture

1° — Peintures a fresque.

Le substratum est une muraille recouverte d’un mortier de ciment

VISION DES INTENSITÉS ET DES COULEURS

(chaux, sable et pouzzolane). Les couleurs sont délayées à l’eau et pénètrent dans l’enduit tandis qu’il est encore frais (d’où le nom du procédé). Le nombre des couleurs utilisables est très réduit à cause de la chaux (ocres, jaune de cadmiun, bleu d’outremer et de cobalt, vert de chrome). Le genre est complètement délaissé.

Les peintures murales sont maintenant exécutées sur toile; on les colle ensuite à l’aide d’un mélange de céruse et d’huile de lin (j marouflage ).

2° — Papier.

C’est le substratum ordinaire pour l’aquarelle, le lavis, la gouache. Suivant le but poursuivi, il est plus ou moins lisse (voir l’Appendice I).

3° — Bois.

On peint à l'huile sur bois; l'inconvénient est de limiter les dimensions du tableau. Pour empêcher le jeu du bois, il est en effet désirable que le panneau soit d’un seul morceau. Les assemblages doivent être renforcés par derrière. On utilise des panneaux de bois mince pour les études.

On prépare la surface avec de la colle de poisson (gélatine) et du blanc d’Espagne qu’on recouvre de deux couches de blanc d’argent broyé à l’huile. On vernit le dos pour éviter l’humidité.

4 0 — Toiles.

On utilise la toile de lin tendue sur un cadre. On la prépare à la colle forte et au blanc d’argent broyé à l’huile.

Mode d’action et classifications empiriques des matières colorées.

209. Définition et mesure des intensités des couleurs simples ou complexes.

Une couleur simple est définie par sa longueur d’onde et par son intensité. Pour comparer les intensités relatives des diverses couleurs simples, nous posons qu’elles sont égales dans le blanc , c’est-à-dire dans la lumière solaire, supposée modifiée d’une manière négligeable par l’absorption atmosphérique. Les intensités des radiations simples sont non seulement égales, mais égales à V unité , si l’intensité de la lumière blanche qui en est la somme, est elle-même égale à l’unité (c’est-à-dire produit l’éclairement d’une bougie-mètre).

Nos unités sont ainsi définies au moyen d’un spectre continu.

Dans un tel spectre, la quantité d’énergie qui correspond à chaque longueur d'onde, est infiniment petite. Mais c'est un fait d'expérience que les radiations voisines dans le spectre produisent sur l'œil des actions continûment variables ; nous pouvons donc compenser avec une radiation plus réfrangible la petite différence de ton qui résulte de l'addition d’une radiation moins réfrangible. Pour mesurer l’intensité

finie d’une lumière monochromatique de longueur d’onde X, nous superposons donc les radiations du spectre continu comprises entre les limites X — AX : 2, et X-f-AX : 2, jusqu’à obtenir des effets identiques avec la lumière simple et avec la lumière complexe.

Soit I l’intensité de la lumière blanche d’où provient le spectre.

L’intensité de la radiation simple de longueur d’onde X est :

Dès lors il est naturel de prendre pour symbole d’une lumière complexe quelconque à spectre continu :

I f f\X).dX.

Cette intégrale symbolique exprime que nous partons d’une lumière blanche d’intensité I, que, par un procédé quelconque, nous diminuons les intensités de toutes les radiations dans le rapport fÇk) plus petit que l’unité, enfin que nous superposons sur la rétine le résultat de l’opération. „ ^

Dans cette manière de représenter analytiquement les teintes, le blanc a pour symbole :

1 / dx ■

Les limites de l’intégrale sont les longueurs d’onde limite du spectre visible. Il s’agit du reste ici d’un symbole, et non pas d’une somme au sens habituel du mot.

Pour prendre un exemple simple, ce qu’un verre coloré laisse passer par transparence quand on l’éclaire avec du blanc (§ 216), représente une couleur parfaitement déterminée. Le facteur f(k) par lequel le verre agit sur les diverses radiations, dépend de la composition et de l’épaisseur du verre.

210. Étude spectrale des radiations émises par les matières colorées.

On fera l’expérience avec des poudres agglutinées par une solution à 2 p. 100 de gélatine, de manière qu'elles restent males. Sur la surface colorée, on envoie un faisceau intense de lumière électrique et on reçoit la lumière diffusée sur la fente d’un spectroscope, par exemple d’un petit spectroscope à vision directe qu’on tient à la main. Le lecteur pourrait être tenté de condenser cette lumière par une lentille; la théorie (voir mon cours d '‘Optique Géométrique) montre qu’on n’y gagne rien. Elle montre aussi qu’il importe peu qu’on place la fente du spectroscope près de la surface colorée, ou plus loin, à la condition de rester en deçà d’une certaine limite.

L’étonnement est grand de constater que la plupart des matières colorées, même les plus franches, loin de diffuser une radiation simple, émettent un spectre continu. La différence d’éclat des diverses parties

VISION DES INTENSITÉS ET DES COULEURS

du spectre est souvent si peu marquée que l’apparence spectrale ne permet pas de reconnaître de quelle couleur est la surface qui émet. On exprime le fait en disant que les matières colorées émettent des lumières peu saturées ; elles sont constituées par une certaine teinte spectrale plus ou moins pure, largement lavées de blanc.

Nous avons conseillé l’emploi de matières mates afin d’éviter la réflexion régulière qui diminue encore la saturation : nous verrons en effet que la lumière réfléchie est blanche.

Il n’y a aucun intérêt à déterminer exactement la composition des lumières émises par les matières colorées, ne serait-ce qu’en raison de sa variabilité d’un échantillon à l’autre. Mais il est nécessaire que le lecteur se rende compte de cette composition, s’il veut comprendre le résultat des mélanges des poudres colorées.

211. Superposition des couleurs sur la rétine. Disques colorés.

Nous étudierons au chapitre suivant les méthodes qui permettent de

superposer sur la rétine des radiations spectrales.

Avec les matières colorées, nous utiliserons le procédé systématisé par Talbot (§ 164) et Maxwell des disques colorés tournants.

, ’ L if-; f /

Ce sont de§ disques de carton peints, <j[’une teinte liniforme, percés d’un trou central (pour qu'on puisse

Fig. 183.

les enfiler sur l’axe d'un moteur (§ 164) et d’une fente radiale. Celte fente permet d’assembler autant de disques qu’on veut, en donnant aux secteurs utiles de chacun une grandeur relative quelconque. La figure 183 représente trois disques qu’on a pris de rayons inégaux pour mieux faire comprendre l’assemblage. En vertu du principe de Talbot (§ 164), quand on met le triple disque en rotation rapide, on additionne (dans le cas de la figure 183) à, upe,,pertaine quantité de la couleur A, des quantités sensiblement égales de,s couleurs

B et C.

Seule l'épaisseur du carton dont on fait les disques, limite pratiquement le nombre de ceux qu’on peut combiner à la fois.

Comme moteur on se servira d’une petite dynamo pour ventilateurs. Dans le cas où l’on ne dispose pas d’une force électromotrice, on utilise simplement une toupie métallique massive pour mettre le disque en rotation.

Pour peindre les disques on utilisera les couleurs à l’huile (elles sèchent lentement), les couleurs pour aquarelle (elles couvrent mal), enfin les poudres colorées agglutinées par une solution de gélatine blanche à 2 p. 100. Dans ce dernier cas on maintiendra tiède la solution pour qu’elle ne prenne pas en gelée.

Les marchands de couleurs (Lefrancet Cic, 64, rue de Turenne, Paris), vendent les couleurs usuelles en poudre impalpable (par 100 grammes).

N. B. — La teinte des disques ne dépend pas de l’incidence.

Par hypothèse l’œil fixe un point déterminé du disque : la teinte est déterminée par la durée du passage en ce point de diverses couleurs.

Il faut seulement qu’elles soient également diffusantes pour toutes les directions.

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