Crayons et pastels
1 ° — Crayons a la mine de plomb, crayons Conté.
Les crayons ordinaires sont de petites baguettes de plombagine (mine de plomb) enfermées dans des cylindres de bois. On les obtenait autrefois en débitant à la scie des masses de graphite naturel préalablement chauffées en vase clos.
A la fin du xvme siècle Conté transforma l’industrie des crayons en mélangeant le graphite finement pulvérisé avec de l’argile (silicate d’alumine, kaolin, terre de pipe) exempte de chaux et de sable. On fait une pâte bien homogène avec un peu d’eau, on la coule dans des moules appropriés, on sèche; on démoule et l’on chauffe au rouge. Suivant la température et les proportions du mélange, on obtient tous les degrés de mollesse et de dureté.
Les crayons noirs dits Conté sont un mélange de noir de fumée et d’argile. La pâte obtenue avec un peu d’eau est moulée et cuite en vase clos.
2° — Pastels.
Ils sont fabriqués avec un mélange de kaolin finement pulvérisé et de matières colorantes. On fait une pâte avec un liquide agglutinant (eau gommée, solution de gomme laque dans l’alcool,....) On moule sous forte pression, on coupe à longueur convenable et l’on fait sécher à une douce chaleur.
Nous verrons que les poudres non agglutinées émettent une lumière toujours lavée de blanc. Le pastel (non fixé) est dans ce cas. On attribue sa légèreté et son charme à la saturation faible des couleurs.
Ces qualités disparaissent en grande partie par l’emploi du fixatif.
3° — Fusain.
Le fusain est simplement du charbon de bois fait avec des menues branches de fusain, de saule ou de tremble.
4° — Fixatifs. Pulvérisateurs.
O11 appelle fixatifs des solutions de gomme dans l'eau ou de résine dans l’alcool dont 011 recouvre les fusains ou les pastels pour empêcher
la poudre de s'effriter. Les pastels perdent à l’opération leur matité, conséquemment une bonne part de leur effet artistique. Malheureusement, non fixés, ils sont à ce point fragiles que la trépidation du sol des grandes villes rend leur vie très éphémère. A Paris le métro et certainstramways ont voué les pastels à une mort prochaine.
Le fixatif est employé sous forme de nuage qu’on obtient avec un pulvérisateur. Cet appareil (fig. 181) est constitué par deux tubes T et T, effilés à l’une de leurs extrémités et qu’une charnière permet de-
placer dans des directions rectangulaires. En soufflant vigoureusement dans 1 un, on produit dans l’autre l’aspiration du liquide et sâ pulvérisation par mélange avec le courant d’air.
Le pulvérisateur peut avoir une autre forme (fig. 182). En comprimant une poire de caoutchouc, non représentée, on produit simultanément un excès de pression dans le flacon F qui contient le liquide, et un courant d’air vers l’extérieur à travers le très petit trou /. Le liquide monte dans le tube T en raison de la différence des pressions qui s exercent sur le liquide et à l’extrémité. supérieure du tube T voisin du trou t. La gouttelette liquide est prise par le courant d’air à l’extrémité du tube t et sort en nuage.
[ Les pulvérisateurs de coiffeur sont construits sur ce modèle.