‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 195 sur 392 · Couleurs rabattues, couleurs lavées de blanc · texte numérisé non relu

Couleurs rabattues, couleurs lavées de blanc

1° — Couleurs rabattues. Phénomène de Purkinje.

Utilisons deux disques l’un noir, l’autre (par exemple) vermillon; combinons-les (§ 211) de manière à modifier le rapport des secteurs noir et vermillon. A mesure que nous augmentons le secteur noir, nous rabattons la couleur. Nous constatons que le ton rouge vif du vermillon vire au chocolat ; la modification est telle qu’il est bientôt impossible de deviner que le ton chocolat a quelque chose de commun avec le vermillon d’où il provient.

Projetons sur le double disque tournant la lumière intense d’un arc électrique : le chocolat redevient vermillon.

Conclusion : pour une composition spectrale déterminée , le ton d'une couleur est une fonction parfois très variable de l'intensité absolue des radiations . Cela revient à dire que les corps n’ont pas une couleur subjective définie : leur couleur dépend essentiellement de l’intensité absolue de la lumière blanche qui les éclaire.

C’est là une proposition fondamentale.

Au lieu d’un disque vermillon utilisons un disque vert Véronèse\ combiné avec une quantité suffisante de noir, nous obtenons un beau vert émeraude.

Répétons l’expérience avec un disque peint en jaune de chrome : nous obtenons des tons verdâtres qu’avec la meilleure volonté du monde, on ne devine pas dérivés du jaune. Et ainsi de suite.

Les teintes les plus modifiées sont celles qui contiennent simultanément les couleurs extrêmes du spectre, comme on devait s’y attendre (§ 127). Les couleurs principales (§ 233) utilisées seules ne sont pas sensiblement modifiées.

2° — Couleurs lavées de blanc; saturation.

Combinons maintenant le disque vermillon ou vert Véronèse avec le disque blanc : nous changeons ce qu’on appelle la saturation du ton; le ton pâlit. Fait remarquable : ce délayage modifie moins profondément le ton que la variation de l’intensité absolue. On le retrouve encore dans la couleur blanchâtre obtenue quand le blanc prédomine.

3° — Erreurs provenant de l’éducation.

Nous devons faire ici une remarque importante.

Les couleurs nous servent à distinguer les corps; aussi les voyonsnous souvent comme il nous est utile de les voir et non pas comme elles sont.

282 VISION DES INTENSITÉS ET DES COULEURS

Par exemple nous distinguons fort bien un papier gris violemment éclairé, d’un blanc qui l’est faiblement : nous nous servons des corps environnants pour acquérir une idée de l’intensité de l'éclairage ; nous savons alors par expérience quels aspects doivent présenter les papiers gris et blancs sous l’action de cet éclairage.

D’où le jugement que nous portons.

Pour éviter que les expériences antérieures influent sur le jugement, il faut s’arranger de manière que les points de repère nous manquent. Par exemple, peignons en gris un cercle sur une feuille de papier blanc ; avec un point lumineux et une lentille n’éclairons que ce cercle. Il nous est maintenant impossible de démêler la part de l’éclairage et celle de la nature de la surface du papier.

Ces considérations expliquent comment nous reconnaissons sans hésiter du vermillon dans une surface peinte de cette couleur que nous voyons dans la quasi-obscurité, alors qu’il nous est impossible de le reconnaître dans l’expérience du disque. Elles expliquent pourquoi nous attribuons aux couleurs une fixité de ton qu’elle sont extrêmement loin d’avoir.

A l aide de la méthode du § 225, éclairons un petit champ rectangulaire pris sur un écran blanc; tout autour projetons de la lumière blanche intense.

Dans ces conditions le jaune du spectre paraît brun, ,

Cependant si faiblement lumineux que soit un spectre vu dans un spectroscope, son jaune nous semble toujours jaune. -,

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