Disques de Talbot. Dégradés
1° — Dans les expériences précédentes l’emploi des disques de Maxwell exige qu’on arrête le moteur pour modifier le rapport des secteurs; les disques de Talbot donnent toute la gamme d’un seul coup.
Pour les obtenir, traçons la courbe d’équation polaire :
Pi Po
La figure 186 suppose p0 = 0; la ligure 187 suppose p0 = 3, pt — 11.
Pour construire la courbe (1), on divise par des rayons la circonférence en 8 et 12 parties égales (16 ou 24 pour raffiner); on trace 8, 12, 16 ou 24 circonférences équidistantes; on joint les points d’intersection des rayons et des circonférences pris respectivement dans le même ordre.
On peint en deux teintes différentes A et B respectivement les espaces limités par la courbe et le rayon origine.
Quand on le fait tourner le disque présente d’une manière continue et régulière tous les mélanges de A pur à B pur.
Pour répéter les expériences prenons pour A du vermillon, par exemple, et pour B du blanc ou du noir.
NOTIONS USUELLES SUR LES MATIÈRES COLORÉES 283 Dans le premier cas on a la gamme de la teinte A lavée de blanc
Fig. 187.
dans le second on a la teinte A d’intensité régulièrement décroissante jusqu’à zéro à partir de /’ intensité A.
Si A est blanc, B noir, on a la série des gris.
Fig. 18G.
VISION DES INTENSITÉS ET DES COULEURS
2° — Dégradés.
On appelle dégradation le passage d’une teinte à une autre teinte à travers tous les intermédiaires.
Les levers et couchers de soleil nous offrent d’extraordinaires dégradés, allant du bleu verdâtre au rouge poupre.
Les disques de Talbot nous permettent d’obtenir entre deux teintes A et B les dégradés suivant une loi quelconque.
Plateau a indiqué un amusant procédé pour obtenir des dégradés. On peint le disque A avec les couleurs indiquées (par exemple). Le disque
Fi g. 187 bis.
noir B est ajouré comme le montre la ligure (187 bis). Ils sont fixés contre deux poulies égales , montées folles sur le même axe : une corde sans fin les entraîne dans le même sens (fig. 163).
Si les poulies tournaient rigoureusement avec la même vitesse, la fenêtre du disque B recouvrirait toujours les mêmes parties du disque A; en raison de la persistance des impressions lumineuses, on aurait un cercle d’une couleur invariable. Mais pour égales que soient les poulies, elles ne le sont jamais absolument : un des disques avance donc
par rapport à l'autre. D’où un changement continu de couleur qui produit de fort beaux effets.
Il est bon de colorer le disque de papier A des deux côtés, de le vernir de manière qu’il soit transparent, et d’éclairer par transmission.