‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 199 sur 392 · Pointillisme · texte numérisé non relu

Pointillisme

Le mélange des poudres colorées n’additionne pas les couleurs. Il est cependant possible d’obtenir avec de la peinture une addition véritable.

Disposons des points de deux couleurs très près les uns des autres, de manière que leur mélange soit intime et que dans chaque centimètre carré le rapport des aires respectivement couvertes par les deux systèmes de points soit invariable.

Regardons, en nous plaçant à une distance suffisante. t

Nous ne distinguons plus les limites des régions colorées; sur la rétine nous recevons simultanément les radiations émises parles deux systèmes de sources, et cela d’autant mieux que le point de fixation se déplace constamment (§ 62).

Les couleurs sont donc additionnées au sens des physiciens.

On fait l’expérience avec du papier blanc sur lequel on trace au tireligne deux systèmes de gros traits parallèles, avec de l’encre rouge et de l’encre verte; on s’arrange de manière que les traits soient en contact les uns des autres. A distance le papier paraît jaune.

Nous verrons que la photographie en couleurs (§ 339) réalise très exactement la théorie pointilliste.

Les peintres utilisent ce système pour faire « vibrer ». Ils juxtaposent les couleurs par « touches », indistinctes à la distance où la toile est habituellement regardée. Ils réalisent ainsi certains effets de lointains, d’eau en mouvement, de nuages,... avec une douceur, une légèreté, un flottant que ne donnerait pas un mélange homogène,

La peau du caméléon est munie de nombreuses vésicules pleines de liquides rouge, jaune et noir. Il peut distendre plus ou moins ces vésicules pour assortir sa couleur à celle des objets environnants. La gamme des couleurs qu’il obtient, comprend le rouge, les bruns (rouge et noir)

usine a sa maniéré.

--L Couleurs fondamentales des peintres. Palette usuelle.

Voici d abord les six couleurs qui reproduisent le plus exactement les couleurs spectrales moyennes; nous engageons le lecteur à en acheter un tube pour bien les connaître.

F Rouge.

Orangé.

F Jaune.

Vert.

F Bleu.

Violet.

Vermillon.

Jaune de cadmium foncé.

Jaune de cadmium clair.

Vert Véronèse.

Bleu de cobalt.

Violet de cobalt

Lexpénence montre qu 'en pratique et à la condition de n'être pas trop sévère, toutes les couleurs peuvent s'obtenir par des mélanges en proportions convenables d'un rouge, d'un jaune et d'un bleu. En d’autres termes, les peintres peuvent à l’extrême rigueur constituer leur palette.avec du blanc, du noir et les trois matières colorées ci-dessus marquées d’un F.

En fait ils se gardent de réduire ainsi leurs ressources; leur palette normale comprend une quinzaine de couleurs, y compris le blanc et lenoir. En effet, à supposer tous les tons réalisables avec les trois couleurs fondamentales ci-dessus choisies (ce qui n’est pas rigoureusement exact), ils sont toujours moins éclatants, plus ternes, plus sales obtenus par mélange que réalisés par des matières de couleur franche.

Nous développons plus loin la théorie d’Young-Maxwell dont voici l’énoncé : On obtient toutes les sensations colorées par l'addition sur la rétine en proportions convenables des effets de trois radiations simples delongueurs d'onde bien déterminées , une rouge, une verte, une bleue.

Pour voisins que semblent les deux énoncés précédents (à la différence du vert remplaçant le jaune), ils n’ont a priori smcwu rapport, le mélange des couleurs matérielles et l’addition des faisceaux colorés étant des opérations quasiment inverses.

Nous montrerons comment s’explique l’énoncé des peintres, qui du reste ne signifie rien de précis, puisque rien n’est moins déterminé que le rouge, le jaune et le bleu de leur théorie.

Comme matières colorées fondamentales, on a successivement choisi :

le cinabre, le chromate de plomb, le bleu de cobalt;

le carmin, la gomme-gutte, le bleu de Prusse;

le vermillon, le jaune de cadmium, le bleu de cobalt.

£° — Les peintres n’ont garde de se limiter à trois couleurs. Parmi les 150 qu’offre le commerce, le plus grand nombre est nettement instable; quelques unes sont parfaitement stables. Enfin les couleurs d’un troisième groupe sont sujettes à contestation : admisçs par certains

VISION DES INTENSITÉS ET DES COULEURS

peintres, elles sont accusées par d'autres de noircir, de pâlir, de ternir, de verdir, de manger les voisines,... En bonne logique il faudrait revenir à la palette de Léonard de Vinci et de Raphaël qui par surcroît faisaient broyer leurs couleurs dans leurs ateliers.

Mais nous n'en sommes plus à travailler pour l'immortalité.

Quoi qu’il en soit, voici les couleurs les plus employées.

Jaune de Naples. Laque de garance.

Ocre jaune. Carmin brûlé.

Jaune de cadmium clair. Vert émeraude.

Jaune de cadmium foncé. Bleu de Cobalt. Jaune indien. Bleu d’outremer.

Vermillon. Bleu de Prusse.

Terre de Sienne brûlée.

Terre de Sienne naturelle.

Violet de Mars.

Violet de Cobalt.

Bitume de Judée.

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