‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 204 sur 392 · Fonctionnement de l’œil · texte numérisé non relu

Fonctionnement de l’œil

/° — Le fonctionnement de l’œil diffère absolument de celui de l’oreille. Loieille a la faculté d analyser les sons, de les décomposer en sons simples qu’avec de l'habitude elle perçoit isolément. Les couleurs simples, caractérisées par une certaine longueur d’onde, sont cinématiquement comparables aux sons simples; mais l’œil ne peut pas les isoler. Indépendamment de toute élude physiologique , on doit admettre qu’il existe dans l’oreille des organes en nombre considérable, de nature quelconque mais spécifiquement différents , sortes de résonateurs pour les dilïeients sons. Au contraire, dans 1 œil le nombre des organes de perception spécifiquement différents est très petit; l’expérience montre qu on peut les réduire à trois, au moins comme première approximation.

Cette opposition de fonctionnement entre l’œil et l’oreille rend vains

VISION DES INTENSITÉS ET DES COULEURS

les rapprochements pseudoscientifiques entre la peinture et la musique. Ce qu’on a dit de sottises à cet égard est inimaginable. On a comparé les sept notes de la gamme ,aux sept couleurs (!) du spectre. On a pris pour argent comptant des métaphores où se retrouve le mot gamme utilisé dans les sens les plus divers.

2 0 — Présentons ces considérations d'une manière différente.

Quelle que soit la nature de la sensation colorée, on peut admettre au moins comme première approximation, qu’il existe un nombre fini de sensations élémentaires indépendantes excitées par les radiations; la sensation complexe est la somme symbolique des sensations élémentaires.

Soit S4, S2,... Sn, des quantités qui mesurent les sensations élémentaires au nombre de n ; soit I les intensités des radiations A.

L’hypothèse précédente conduit à écrire :

s,= j . dx, s2=yy,(i,x).dx, .... (i)

Les intégrales représentent des sommes au sens habituel du mot.

Ces expressions signifient que les radiations dont les longueurs ■d’onde sont comprises entre A et A + e/A, et dont l’intensité est I, produisent sur l’organe 1, une sensation d Sl — fl (I,A) c/A.

Les formules (1) supposent que l’action d’une radiation est indépendante de l’existence simultanée de radiations de longueurs d’onde différentes.

Si nous admettons que les sensations élémentaires S4, S2,... Sn, sont en nombre inférieur aux causes d’excitation (radiations de longueurs d’onde diverses), une même sensation complexe, définie par un système de valeurs S4, S2,... Sn, correspond à une infinité de compositions différentes de la lumière reçue : l'œil est incapable d'analyser la lumière.

Sans qu’il soit nécessaire de spécifier le nombre fi des sensations élémentaires, nous entendons par couleur C un système défini de valeurs S4, «c s

L’hypothèse entraîne une conséquence vérifiée par l’expérience : Soit 04, C2,..., des couleurs de même aspect , c'est-à-dire produisant la même impression qualitative et quantitative sur la rétine : soit C'4Î C',,..., ■d'autres couleurs de même aspect. Superposons sur la rétine une couleur quelconque du premier groupe à une couleur quelconque du second. Quelles que soient les couleurs choisies , nous obtenons une couleur C de même aspect.

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