‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 224 sur 392 · RÉTINE · texte numérisé non relu

RÉTINE

Les images accidentelles sont dues à une modification réelle de lax rétine (et non pas à une illusion).

En effet leur grandeur varie avec la distance de la surface sur laquelle on porte les yeux, après les avoir créées en regardant un objet lumineux. L’image qui semble grande sur une muraille éloignée, paraît comme un point sur une feuille de papier voisine de l’œil. Preuve qu’il existe une modification durable de la rétine : la partie modifiée d’étendue, constante correspond à des objets extérieurs d’autant plus grands que nous les localisons plus loin.

4° — Éblouissement.

U éblouissement est la limite des images accidentelles. Après avoir regardé le soleil, on devient comme aveugle pendant quelque temps. La tache jaune sur laquelle nous amenons les images des objets que

nous fixons, est comme recouverte d’un cercle dont la coloration se

-modifie peu à peu et où les images des objets médiocrement éclairés ne sont plus perceptibles. La rétine a subi une modification assez profonde pour durer plusieurs minutes, et même, dans des cas exceptionnels, plusieurs dizaines de minutes.

253. Expériences sur la rotation de l'œil au moyen des images accidentelles.

Avant d’aller plus loin, signalons une importante application des images accidentelles (§ 29ler).

IMAGES ACCIDENTELLES

Puisqu’elles sont dues à une modification subpermanente de la rétine elles occupent sur elle une position indépendante de la rotation de l’œil dans son orbite. D’où la pos-

Fi °*

sibilité d’étudier les rotations de l’œil par la position et l’orientation des objets fictifs extérieurs que nous faisons instinctivement correspondre aux modifications de la rétine.

Voici la marche des expériences.

On se place en face d’un mursur lequel sont tracées des droites verticales et horizontales bien visibles, mais ne tranchent pas assez sur le fond pour gêner la vision des images accidentelles; le fond le plus commode est gris pâle mat.

On tend à la hauteur de l’œil de l’observateur, verticalement ou horizontalement, un ruban noir ou blanc tranchant nettement sur le fond. On assure par un support la fixité de la tête.

On fixe le milieu du ruban (point O des figures 214 et 215), puis brusquement, sans bouger la lêle , on dirige le regard vers un point R du plan de projection. On détermine alors aussi approximativement que possible l’angle que fait l’image accidentelle avec les lignes tracées sur ce plan.

Conformément à la loi de Listing'

(§ 29), on vérifie qu’en portant le regard en haut et à droite (fig. 215) ou en bas et à gauche , l’image horizontale tourne sinistrorsum, l’image verticale tourne dexlrorsum. C’est l’inverse, quand on regarde en haut et à gauche ou en bas et à droite. Le sens des rotations est le même pour les deux yeux.

La figure 214 représente l’ensemble du phénomène. L’image accidentelle due à l’élément de droite horizontale vue dans la position primaire, est tangente aux courbes presque horizontales; l’image accidentelle due à l’élément de droite verticale vue dans la position primaire, est tangente aux courbes presque verticales.

Page 1