‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 234 sur 392 · Importance du contraste simultané pour les peintres · texte numérisé non relu

Importance du contraste simultané pour les peintres

1° — En définitive les couleurs placées les unes à côté des autres n’ont plus leurs valeurs normales (celles qu’elles ont, éloignées de toute autre

couleur). Delacroix disait : « Donnez-moi de la boue, j’en ferai la peau d’une Vénus en l’entourant à ma guise. »

Représentons les couleurs (fig. 225) sur une série de rayons, de manière que les complémentaires soient diamétralement opposées.

Quand deux couleurs sont voisines, elles réagissent l'une sur l'autre de manière à accroître la distance angulaire qui les sépare.

Par exemple le groupe rouge-jaune devient rouge-pourpre — jauneverdâtre; le groupe orangé-jaune devient vermillon-vert; et ainsi de suite.

Si les couleurs groupées sont complémentaires, la règle indique que leur tonalité ne change pas; nous savons que leur saturation et leur éclat augmentent.

Si l’une des surfaces est noire, elle se colore de la complémentaire de l’autre. Des applications vertes sur du drap noir, lui communiquent une teinte rousse; des applications rouges le rendent verdâtre.

VISION DES INTENSITÉS ET DES COULEURS

Le maximum des changements de teintes a lieu pour les couleurs qui sont voisines sur le diagramme. On sait à quel point sont odieux les réassortiments mal faits. Mieux vaut s’habiller en perroquet rouge-vert, que de mettre au voisinage des tons rouges peu différents.

Mettre ton sur ton, c’est ternir les couleurs, mais c’est aussi exagérer leur différence.

2° — Rood fait à propos du contraste une remarque très fine.

Certains contrastes ternissent les couleurs. On pourrait croire qu’il suffit de prendre les couleurs plus brillantes pour neutraliser l’effet du contraste. 11 n’en est rien, parce que le plaisir delà vision des couleurs vient de ce qu’elles sont arrangées et accompagnées de manière à présenter plus que leur éclat naturel. Nous sommes charmés bien plutôt par le tour de force accompli que par le résultat brut. Inconsciemment nous savons gré au peintre d’être lumineux sans nous faliguer , d’employer des couleurs assez ternes pour que les images accidentelles n’interviennent pas, d’user du contraste simultané non compliqué de contraste successif, bref de nous duper par l’habileté de ses arrangements, tout en restant dans une gamme modeste qui laisse notre rétine intacte.

Page 1