Impression de la plaque sensible
1 0 — Emploi de l’objectif. Phototypes.
Ordinairement la plaque est impressionnée en formant dessus l’image réelle de l’objet à reproduire; on utilise un objectif photographique.
Je renvoie à mes Cours d 'Optique Géométrique ou de Construction des appareils pour l’étude des diaphragmes, des clartés.... Il est clair que plus 1 image est grande, plus le diaphragme est petit, plus la pose doit être longue.
Tout ce qu’on raconte en plus est certainement intéressant, mais pas au point de vue pratique.
Certains ouvrages donnent des coefficients de luminosité d’un ineffable grotesque. Les nuages ayant le coefficient 1, sachez que les fonds de ravins ombragés ont le coefficient 26. De même Tartarin compte 3
avant de tirer le perdreau, et 14 avant de lâcher son coup de fusil sur le lion.
Si vous faites souvent de la photographie et si vous êtes bon observateur, vous ne vous tromperez que la moitié du temps ; sinon, achetez des cartes postales : c’est plus sûr, moins coûteux et moins encombrant.
Dans le cas précédent on obtient un négatif ; c'est dire que les clairs viennent en sombre et inversement. Pour préciser, imaginons tout l’objet de même teinte; le noir du cliché (§276) varie dans le même sens que l'éclat des points dans la direction de l’objectif. C’est tout ce que nous pouvons dire. Nous verrons qu’il n’existe aucune proportionnalité entre l’éclat de l’objet et le noir de l’image. Il peut même arriver, pour des éclats considérables, que le noir rétrograde ( renversement ).
Si l’objet n’est pas partout de même teinte, la définition du négatif est encore plus vague en raison de la sensibilité variable avec la longueur d'onde.
La transposition des valeurs par la plaque photographique est telle qu’on peut s’arranger de manière qu’il soit impossible de savoir par l’observation d’un cliché si c’est un positif ou un négatif. Ainsi les rouges éclatants ne viennent pas; le ruban de la Légion d’honneur tranche mal sur la redingote, tandis qu’éclate l’humble violette. En conséquence les photographes avisés possèdent un lot de décorations actiniques grand format pour la joie du pharmacien Homais, des pontifes, et plus généralement des imbéciles.
On désigne parfois sous le nom de phototypes les clichés obtenus avec l’objectif; ce sont des négatifs.
2° — Impression par contact.
Le second mode d’impression est par contact.
On applique sur la couche sensible une feuille dont les parties sont plus ou moins transparentes et à travers laquelle on impressionne.
Par exemple on dessine à l’encre opaque pour les rayons actiniques sur du papier transparent (papier calque). On conseille d’ajouter à l’encre de Chine quelques gouttes d une solution concentrée de bichro-, mate de potassium, de la terre de Sienne brûlée ou de l’acide picrique: on la rend ainsi plus opaque pour les radiations qui ne sont pas jaunes.
Toute impression typographique ou lithographique sur papier translucide peut servir de cliché reproductible en négatif par contact.
Corot et les peintres de son temps s’amusaient à dessiner à la pointe sur une couche opaque, étendue sur verre, couche analogue au gélatinobromure de nos plaques sensibles modernes. De ces dessins, on tire des épreuves par contact sur papier ou sur plaque.
On peut se servir d’un phototype négatif pour obtenir un positif sur verre ( diapositif ).
Les spectres magnétiques de mon Cours d’Électricité ont été réalisés directement sur la couche sensible d’une plaque photographique qu’on
PHOTOGRAPHIE AU GÉLA TINOBROMURE D’ARGENT
impressionnait comme nous allons le dire. La limaille de fer était enlevée avec un tampon d’ouate avant le développement.
Tous ces piocédés ciéent des écrans opaques en quasi-contact avec la couche sensible.
Pour impressionner on se sert de la lumière diffuse du jour quand le contact des écrans et de la couche sensible est assez intime pour qu’on n ait pas à craindre les pénombres. Dans le cas contraire on utilise une source de petites dimensions et assez éloignée; une lampe à incandescence placée à quelques meties au-dessous d une table est très commode comme s’allumant et s’éteignant à volonté.
Pout donner un flou que certains trouvent artistique, on utilise parfois la lumièie ditluse en retournant systématiquement le cliché négatif à reproduire, plus généralement en écartant le dessin opaque de la couche sensible. On produit ainsi des pénofnbres; on supprime la sécheresse des traits.
-80. Images renversées, retournées. Images inversées.
iSous rencontrons ici des notions fondamentales qui se ramènent aux théorèmes élémentaires sur la symétrie des figures planes : j’insiste sur ce deiniei mot, les piopositions n étant pas exactement les mêmes pour les solides.
1° — f IGURES RENVERSÉES, SYMÉTRIE PAR RAPPORT A UN POINT.
Soit T un petit tiou ou le centre optique d un objectif. De la figure contenue dans le plan de front P , ils donnent une image dans le plan de front P'. Cette image vue de V3 est semblable à l’objet et renversée.
Renversée signifie que ce-qui est en haut sur l’objet vu de V„ est en bas sur l’image vue de V3, et inversement; ce qui est à droite sur l’objet est à gauche sur l’image, et inversement.
On passe géométriquement de l’objet P à l’image P' par deux opérations consécutives . symétrie par rapport au point T ; grandissement ou diminution ultérieurs.
Pour voir l’image du point V3 semblable à l’objet regardé du point Yv il suffit de faire tourner l’image de 180° autour de la droite
Par exemple les objets vus dans un viseur sont renversés. Pour lire un texte avec le viseur, il suffit de mettre en bas le haut du livre. De même quand nous mettons au point le verre dépoli de la chambre photogiaplnque (en nous plaçant bien entendu derrière ce verre), nous voyons les images semblables aux objets mais renversées.
2° — Figures retournées, figures redressées.
Une figure est retournée quand nous la regardons à l’envers ; par exemple, quand nous observons l’image obtenue sur le plan P' en nous plaçai? t en V2, quand nous regardons un, texte par transparence, enfin quand nous regardons un objet par réflexion sur un miroir.
Poui les figui es planes , le retournement équivaut a la symétrie par rapport à une droite du plan de la figure; ce que montre la figure 231 en
bas et à gauche. Pour les figures planes, cette symétrie revient encore à une rotation de 180° autour d’une droite du plan (et non plus normale au plan comme tout à l’heure). Nous superposons la figure abcd à la figure ABCD en pliant le papier suivant la droite tu.
Les impressions, quelles qu’elles soient, donnent évidemment des figures retournées : les caractères d’imprimerie sont coulés à V envers ; il faut écrire à l’envers sur une pierre lithographique (§ 404).
Les phototypes, obtenus avec une plaque impressionnée gélatine en
avant , sont retournés pour l’observateur qui les regarde gélatine du côté de l'œil. Ils redeviennent corrects si on impressionne verre en avant et si on regarde gélatine du côté de l’œil , ou inversement.
3° — Images positives, négatives, inversées.
Nous avons vu que le phototype est un négatif de l’objet : nous disons que l’image est inversée.
Un négatif du phototype est un positif par double inversion.
En général nous désirons obtenir à la fin de nos opérations un dessin qui soit positif et droit. Comme il est impossible de ne pas avoir des inversions et des retournements au cours des opérations, nous devrons réaliser un nombre pair d’inversions et de retournements.
On remarquera que les procédés d’impression, quels qu’ils soient, donnent des épreuves non inversées; autrement dit, là où la surface imprimante est noire, l’épreuve est noire. Quand donc il s’agit de préparer une surface pour l’impression, il faut réaliser un dessin retourné et positif.
PHOTOGRAPHIE AU GÉLA TINOBROMURE D'ARGENT