Renforcement
Le renforcement est l’opération par laquelle on augmente l’opacité du cliché. Cette définition exige tout un commentaire.
1° — Le cas idéal, qui n’est assurément pas réalisé, est celui d’une couche dont le coefficient d’absorption a pour une radiation déterminée est constant, et dont l’épaisseur s est variable.
De l’intensité incidente I0, elle transmet une fraction :
I — I0 exp ( — as).
Conservons les épaisseurs- mais rendons la couche plus absorbante : le coefficient d absorption devient <x ^ a; on a \
I — I0 exp (— a'e), -J — exp [(7/ — a)e].
Ainsi 1 opacité du cliché n est pas uniformément augmentée, le rapport I : 1 n'est pas le même en tous les points de la plaque. En vertu de l’inégalité a > a, il est plus grand là où l’épaisseur est plus grande.
Là-dessus on est tenté de dire que les contrastes sont exagérés. C’est beaucoup s’avancer; la conclusion dépend absolument de la définition choisie pour le contraste. La comparaison suivante montre à quel point le résultat dépend des conditions initiales.
Si 1 atmosphère est parfaitemént transparente, la perspective aérienne (§ 266) disparaît; les fonds et les premiers plans sont également nets. J introduis un peu de. brouillard : tout le monde admet que les con tiastes sont exageies. Je force le brouillard jusqu’à le rendre londonien ; dira-t-on encore que les contrastes sont exagérés?
De même on peut admettre que les contrastes sont augmentés dans les parties claires de la couche, mais non dans les plus noires.
2° Au surplus ce qui précède 11’a d’intérêt que pour fixer les idées, tant une couche développée est loin d’être assimilable à une couche homogène. Elle est bien plus comparable à de petits écrans parfaitement opaques, plus ou moins gros, irrégulièrement disséminés.
Il est clair que la transformation de ces écrans opaques en d’autres écrans opaques de même grosseur n’a pas d’intérêt, l’aire totale transparente restant la même. Le renforcement ne peut provenir que de deux causes : les écrans ne sont pas parfaitement opaques; ils devien-
Physiqno. — H. Bouasse. 94
nent plus gros ou plus nombreux. Je crois que c’est à la seconde de ces causes qu’il faut attribuer le renforcement réel.
Je n’irai pas plus loin dans l’analyse du phénomène faute de données expérimentales. Au lieu de bâtir des théories a priori , il serait préférable d’instituer des expériences systématiques sur l’action réelle des renforçateurs, de voir si les grains restent de môme forme et à la même place, s’ils sont plus gros, s’ils sont parfaitement opaques..., renseignements qui ne demanderaient qu'un peu de patience.
3° — Renforcement au chlorure mercurique (bichlorure, HgCl2).
La plaque, fixée et soigneusement lavée, est plongée dans un bain de sublimé à 2 p. 100.
Il se forme du chlorure d’argent et du chlorure mercureux :
HgCl2 -H Ag = HgCl -h AgCl.
Cette opération blanchil le cliché.
On lave abondamment et on renoircit par l’un des procédés suivants
a) On plonge dans une solution diluée d’ammoniaque qui dissout le chlorure d’argent, mais donne avec le chlorure mercureux un composé ammoniacal très opaque :
2HgCl + 2AzH3 = AzH4Cl 4- AzH2 . Hg2 . Cl .
b) On traite par une solution de sulfite de sodium qui dissout le chlorure d’argent, mais dépose du mercure :
2 HgCl -h S03Na2 -h H20 = 2Hg 4- S04Na2 4- 2HC1.
c) On développe au fer. Les deux chlorures sont réduits avec formation de perchlorure de fer et d’acétate ferrique :
6 (COO)2Fe -h 6MC1 = 2(COO)3 Fe2 H- 6M 4- Fe2Cl6.