‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 268 sur 392 · Décomposition du chlorure d’argent · texte numérisé non relu

Décomposition du chlorure d’argent

1° — Si le chlorure d’argent pur et sec est décomposé par la lumière, ce qui est discuté, en tout cas il l’est avec une extrême lenteur.

En présence de l’eau, la décomposition est plus rapide; une partie du chlore se dégage et donne de l’acide chlorique C103H, ou de l’acide hypochloreux GIOH; là-dessus les chimistes ne sont pas d’accord.

6C1 H- 3H20 = BHC1 + C103H,

2C1-+- H20 = HCl H- GIOH.

L’acide chlorhydrique formé ralentit la réaction.

On discute aussi sur la nature de la matière noire produite par la lumière. Est-ce un sous-chlorure Ag2Cl? Est-ce de l’argent métallique?

L’acide azotique à froid agissant sur le chlorure noirci , ne dissout rien. Mais si l’on dissout le chlorure dans ses solvants ordinaires, l’acide azotique dissout la poudre noire abandonnée. Le noir du chlorure noirci serait donc un sous-chlorure, non soluble dans l’acide azotique froid mais qui se décompose et donne de l’argent sous l’action des solvants ordinaires du chlorure.

Au surplus tout cela nous est indifférent. Ce qu’il faut en retenir est l’importance du milieu. Le chlorure d’argent employé seul en couche mince ne fournit pas les mêmes réactions qu’en présence du papier, de l’encollage additionnel et des restes d’azotate d’argent ou de chlorure soluble qui le produisent par double décomposition. Le papier sensible au chlorure d’argent est un système duquel il n'est pas permis de séparer le chlorure.

Toujours^ est-il que le papier pur (papier filtre) recouvert de chlorure d’argent (par double décomposition, voir plus loin), bien lavé pour chasser l’excès d’azotate d’argent, séché, puis exposé à la lumière, cesse d’être blanc, fonce et devient gris violacé; mais sa sensibilité est très faible.

2° — Le papier pur plongé dans une solution d’azotate d’argent, séché puis exposé à la lumière, subit une altération très lente. C’est qu'en effet l’acide azotique libéré arrête la décomposition.

Si, au contraire, le papier est encollé avec de l’amidon ou de la gélatine, soit dans la masse, soit superficiellement, l’action est plus rapide.

Enfin, si le papier contient à la fois du chlorure, de l’azotate et une matière capable d’éliminer le produit des réactions, lè noircissement est très rapide.

On admet que le papier sensible complet, insolé pendant un temps suffisant, contient à la surface de l’argent réduit, au-dessous du souschlorure d’argent, enfin dans les couches profondes du chlorure inaltéré.

' 297. Papiers salés, papiers albuminés et salés.

1° — Dans l’industrie on utilise un papier sensible excellent, peu coûteux, mais qui ne se conserve pas.

Le papier est un feutre formé par l’entre-croisement de fibres végétales (cellulose). Sa fabrication consiste à isoler les fibres pour les mettre dans un état tel que le feutrage devienne possible.

Le papier normal brûle sans laisser de résidu.

Pour éviter que le papier ne soit buvard , on l’encolle généralement . dans la masse. On s’appuie sur la propriété de certaines résines (colophane, par exemple) de se conduire comme des acides faibles et de donner avec le carbonate de sodium un résinate soluble, improprement appelé savon de résine. On mélange le savon à la pâte de papier et on le précipite sur les fibres au moyen d’alun; il se forme un résinate d’aluminium qui adhère à la cellulose et qui possède les propriétés agglutinantes de la résine. On ajoute parfois de l’amidon.

Outre la cellulose et l’encollage, le papier contient généralement une surcharge de kaolin, de sulfate de baryum, de sulfate de calcium,... qui augmentent le poids et sont des manières de fraude.

Le papier photographique doit en être exempt.

2° — Le papier pour positifs est simplement salé, s’il contient de l’amidon comme encollage, ou albuminé et salé.

Pour le saler, on le trempe dans l’eau contenant 2 ou 3 p. 100 de chlorure de sodium ou d’ammonium.

Après un temps d’immersion suffisant, on retire et on sèche.

Pour albuminer et saler, on prend des blancs d’œufs auxquels on ajoute 30 grammes de chlorure par litre, et de l'eau si l’on veut. On bat avec un balai d’osier, on filtre à travers un tamis de crins. Après 24 heures ou quelques jours on utilise. Pour cela, on filtre sur une éponge, on verse dans une cuvette plate. On mouille le papier en le passant sur la surface du liquide. On égoutle et on fait sécher.

Pour sensibiliser on passe la feuille sur un bain à 10 p. ICO d'azotate d’argent dans lequel on ajoute quelques gouttes d’une solution de car-

PAPIERS PHOTOGRAPHIQUES

bonate de soude, jusqu a suppression de toute acidité, en pratique jusqua ce qu’un précipité blanc de carbonate d’argent commence à se former . Qn laisse deux à trois minutes la surface à impressionner au contact du bain de nitrate, on retire et on sèche. Cette opération doit être faite à la lumière rouge.

Ces papiers s altèrent en quelques jours en raison de la présence d’un excès d’azotate; mais ils sont peu coûteux et donnent au virage de très belles nuances. En ajoutant de l’acide citrique au bain d’azotate, on rend le papier plus stable.

Au moment de l’employer, on conseille de le soumettre au gaz ammoniac qui se dégage d une solution versée dans une cuvette. Non seulement on neutralise ainsi le milieu, mais on prépare un absorbant pour le chlore et l’acide azotique qui résultent de l'action de la lumière. La sensibilité est notamment accrue.

3° — L’exposition se fait, en plein soleil ou à la lumière diffuse, par contact avec le cliché dans un châssis-presse.

C’est une boîte plate dont le fond est constitué par une glace épaisse. On pose sur la glace le cliché image en dessus, on recouvre du papier couche sensible en dessous ; on superpose du papier, Fig. 235.

puis une planchette PP

à charnières. Enfin on serre avec des barres transversales à charnières BB sur lesquelles sont fixées des ressorts B.

La figure 235 montre le dos du châssis presse.

Le papier étant à noircissement direct , on regarde de temps en temps ce qui se passe en ouvrant une des barres, rabattant un des côtés de la planchette P et soulevant le papier sensible; il faut évidemment ne pas opérer en pleine lumière. Au sortir du châssis, l’épreuve doit avoir une belle couleur violacée.

On fixe à 1 hyposulfite de sodium, on lave à grande eau assez longtemps pour éliminer tous les sels. On sèche.

Généralement on fait virer l'épreuve avant de la sécher.

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