‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 288 sur 392 · Papier à la gomme arabique · texte numérisé non relu

Papier à la gomme arabique

Il est incommode d’avoir à impressionner par derrière, les transferts sont toujours délicats. On a donc étudié des papiers dits à impression directe qu’on insole par devant et desquels la couche sensible ne se détache pas par développement. Le plus simple est à base de gomme bichromatée; sa préparation et son utilisation sont d’une extrême simplicité; s'il est difficile de réaliser un chef-d’œuvre, il ne l’est pas d’obtenir une image.

On met dans un morceau de mousseline à cataplasme 40 grammes de gomme arabique ordinaire; on fait. dissoudre dans dftL~grammes d’eau. La mousseline sert de filtre. Pour éviter la fermentation, on ajoute 2 p. 100 de formol; il est préférable d’utiliser la solution fraîche.

On fait une solution de bichromate (potassium ou ammonium à 10 p. 100). Au moment de s’en servir, on mélange 2 volumes de solution gommeuse pour un volume de solution bichromatée. On ajoute le colorant sous forme de couleurs molles d’aquarelle qu’on mélange intimement.

Voici les pigments les plus usitées.

Noirs. Noir de bougie, bistre.

Bruns. Brun van Dyck, terre de Sienne brûlée, sépia. Rouges. Rouge de Venise, brun rouge.

EMPLOI DE LA GÉLATINE ET DES CORPS SIMILAIRES

L’étendage de la gomme se fait au moyen de pinceaux plats (brosses de peintre) en soie de porc et qui puissent résister à l’eau (ils sont ordinairement faits pour la peinture à l’huile) ; l’un de 3 centimètres de large sert à barbouiller le papier, l’autre de 8 centimètres sert à égaliser et à sécher.

Gomme papier on prend du papier blanc à dessin peu encollé (Lalanne, Ingres, d’office).

En général on insole sous un négatif avec comme support un papier blanc. Il est possible d’insoler sous un positif avec un support noir; de préférence, le pigment est alors du sulfate de baryte.

Le couchage (qui se fait en plein jour) consiste à étendre une couche régulière et fine de gomme. On sèche dans l’obscurité, au-dessus d’une plaque de fonte légèrement chauffée; le papier doit être assez sec pour qu’il commence à s’enrouler.

On pose sous un négatif, d’un quart d’heure à plusieurs heures suivant la saison. Le plus simple est de préparer un bout de papier témoin couvert de gomme bichromatée sans pigment coloré: il noircit à la lumière (§ 312). On le cache entre deux bouts de carton; on en fait sortir un centimètre. Quand ce morceau est noir, on tire un autre centimètre, et ainsi de suite, marquant un point chaque fois.

Suivant la nature et la concentration du pigment, on pose un nombre de points indiqués par l’expérience.

Le développement normal se fait à l’eau froide. L’épreuve est placée sur l’eau face en dessous ; on la retire toutes les deux minutes pour vérifier l'effet obtenu. Si elle est surexposée (la gomme est rendue quasi insoluble), rien ne vient même après une heure; on élève la température de l’eau jusqu’à 30°.

Mais, et c’est ici que les artistes ont beau jeu, on peut développer au pinceau , c’est-à-dire frotter la surface avec un blaireau, une brosse de soie de porc, un tampon d’ouate, une éponge,... de manière à modifier du tout au tout l’aspect de l’épreuve. Dans le procédé que nous étudions, la gomme devient plus ou moins insoluble dans toute son épaisseur ; en frottant, on active la dissolution au prorata de la solubilité. Du reste le pinceau permet le dépouillement local.

Dans leur petit livre, Maskell et Demachy donnent des conseils au futur « gommiste » sur la manière, de procéder : nous y renvoyons le lecteur qui rêve un chef-d’œuvre.

Ils indiquent une méthode de couchage qu’il est bon de signaler.

On sensibilise le papier par badigeonnage avec la solution de bichromate; on laisse sécher dans l’obscurité, puis (toujours dans l’obscurité) on étend la couche de gomme colorée à laquelle on ajoute un tiers d’eau pour faciliter le couchage. Le reste comme précédemment.

Le papier ainsi préparé est plus sensible que l’autre.

L’obscurité dont il est ci-dessus parlé, peut n’être que très relative, la préparation gommeuse étant peu sensible.

Pour fixer l’épreuve (faire disparaître les dernières traces de sels de chrome) on lave un quart d’heure dans un bain très étendu de bisulfite de sodium.

On lave à beau, on passe au formol à 10 p. 100, on lave, on sèche, on vernit.

Rien n’empêche (avant de vernir, bien entendu) de recouvrir l’image d’une seconde couche de gomme bichromatée et colorée, et de recommencer; ce qui revient à superposer à la première une seconde épreuve obtenue avec le même négatif, qui peut "être de même couleur ou de couleur différente. Le « gommiste » trouve là le moyen de satisfaire ses instincts de découverte artistique. Bien entendu le procédé n’a aucun rapport avec le procédé classique aux trois couleurs (§ 339) puisque le même cliché sert à obtenir les diverses couches colorées. Maskell et Demachy conseillent donc de ne pas essayer l’imitation des couleurs naturelles (voir la préface de leur ouvrage).

Procédés par moulage.

Les divers procédés par moulage utilisent les propriétés de la gélatine insolée dans l’eau froide ou dans l’eau chaude.

Rappelons qu’elle ne s’imbibe pas, par suite ne gonfle pas dans l'eau froide , qu’elle ne se dissout pas dans l’eau chaude.

319. Moulage après développement dans l’eau froide (hélioplastie de Poitevin).

1° — Il s’agit d’obtenir des planches en creux, dans le genre des gravures au burin ou à l’eau forte (voir chapitre vm). Dans l’obècurité on coule sur une glace une solution de gélatine bichromatée d’autant moins épaisse que les traits à reproduire sont plus fins. On laisse sécher.

On impressionne sous un positif retourné pendant quelques minutes au soleil. On laisse la plaque refroidir et on la plonge dans l’eau froide : on voit apparaître en relief toutes les parties où la gélatine a été protégée contre l’action de la lumière. Les parties insolées qui correspondent aux blancs du dessin n’absorbent pas l’eau et restent en creux.

2° — Pour mouler cette surface, on emploie le plâtre ou la galvanoplastie.

a) Pour le moulage au plâtre, la gélatine gonflée est traitée par une solution de sulfate ferreux qui la tanne et l’empêche d’adhérer au plâtre. On l’égoutte; on la' cale de niveau, on l’entoure de réglettes de verre et on coule du plâtre fin, gâché (plâtre de mouleur). On laisse prendre, on enlève les réglettes et on retourne sur une mince couche d’eau. L’eau pénètre le plâtre, arrive jusqu’à la gélatine et facilite le démoulage. On peut recommencer l’opération plusieurs fois.

b) On obtient par la galvanoplastie, soit directement un contre-moule en métallisant la gélatine, soit indirectement, à partir du plâtre, en

EMPLOI DE LA GÉLATINE ET DES CORPS SIMILAIRES 401

taisant un autre moule de gutta qui sert à obtenir le cliché galvanique (voirie troisième volume de mon Cours d’Électricité).

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