‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 289 sur 392 · Hydrotypie (Cros · texte numérisé non relu

Hydrotypie (Cros

Rapprochons de l’hélioplastie le procédé très simple par imbibition , connu sous le nom d hydrotypie. Il est basé comme le précédent sur les changements de perméabilité de la gélatine pour l’eau froide.

Pour un simple essai (que nous conseillons vivement au lecteur' il lui montrera l’essentiel des procédés à la gélatine), on prend comme point de départ une plaque au gélatinobromure qu’on traite par l’hyposulfite de sodium, qu’on lave et qu’on fait sécher. Au reste c’est une bonne manière d utiliser les plaques voilées accidentellement (§ 288).

On sensibilise avec un bain de bichromate à 3 p. 100, dans l’obscurité et pendant 3 à 3 minutes.

On lave rapidement pour enlever l’excès de bichromate et on sèche.

On expose sous un positif. La gélatine devient imperméable sous les clairs du positif, elle reste perméable sous ses noirs.

On rentre dans le laboratoire, on lave pour éliminer l’excès de bichromate,^ on sèche. Enfin on développe l’image en plongeant dans un bain coloié. Pendant cette opération, la gélatine gonfle dans les parties non insolées. Voici les colorants usuels :

R°uRe- Carmin, fuchsine, éosine.

Jaune.

Bleu.

Acide picrique, picrates alcalins.

Bleu d’aniline.

On lave rapidement et on fait sécher.

Pendant qu’elle sèche, la couche redevient plane, en conservant naturellement ses différences locales de coloration. ~

On peut soumettre à l’hydrotypie de vieux négatifs dont on efface l'image avec une solution contenant pour 100 d’eau, 10 de prussiate rouge et 10 d’hyposulfite de sodium. On lave et on sèche.

321. Moulage après développement dans l’eau chaude (photoglyptie, Woodbury).

^a photoglyptie est un procédé de tirage mécanique des épreuves au charbon. Quel que soit son intérêt industriel, son intérêt théorique et pédagogique est grand comme montrant ce qu’on peut demander de résistance à une épreuve sur gélatine.

Le piocédé consiste à obtenir une pellicule de gélatine bichromatée, insolée, développée à chaud, portant par conséquent l’image en relief.

On obtient un moulage de ce relief sur des feuilles de plomb de

6 millimètres d’épaisseur, pressées contre la pellicule entre deux plaques d’acier.

On réalise donc en creux le relief de la gélatine sur une substance dure et insoluble. On pose la planche en creux sur une presse, on verse

Physique. — II. Boitasse.

dessus de la gélatine colorée, on recouvre d’un papier satiné, on comprime. La gélatine remplit le creux, l’excès sort par les bords.

On laisse à la gélatine le temps de se figer; on enlève l’épreuve : elle est semblable à une épreuve au charbon. L’avantage industriel par rapport au procédé au charbon est de donner autant qu’on le désire, d’épreuves identiques et inaltérables.

Revenons sur quelques points de notre description.

2° — Il est d’abord nécessaire d’obtenir une pellicule de gélatine.

Pour cela on collodionne à plusieurs reprises une glace talquée; on la recouvre de gélatine bichromatée. On dessèche dans une boîte contenant du chlorure de calcium et on enlève la pellicule.

On insole sous un négatif comme pour la photographie au charbon, en plaçant contre le cliché la face collodionnée. Pour le développement, on se sert comme support provisoire d’une glace recouverte d’une solution de caoutchouc dans la benzine qu'on laisse sécher jusqu’à ce qu’elle soit poisseuse. On applique dessus la pellicule impressionnée, le collodion face au caoutchouc. On l’y fait adhérer en roulant dessus un tube de caoutchouc.

On développe à 50° jusqu’à dissolution de la gélatine restée soluble. On traite par une solution d’alun, on lave, on sèche.

On arrache avec précaution : le moule pelliculaire est prêt.

3° — Nous avons dit que le contre-moule est en plomb. La pression nécessaire est de 45 kilogs par centimètre carré. Une plaque de 15x20 = 300 centimètres carrés exige donc une force totale de 13 500 kilogs, une plaque de 30x40 = 1200 centimètres carrés exige une force totale de 54 000 kilogs.

Elle est fournie par une presse hydraulique.

Connaissant le diamètre du piston et la surface à comprimer, il est facile de calculer le nombre d’atmosphères auquel doit monter la pression.

Le moulage se fait entre deux plaques d’acier épaisses et planes; contre le pourtour de l’inférieure on fixe avec des boulons quatre barres d’acier légèrement débordantes qui forment avec elle une cuvette plate. Dans cette cuvette entre juste la plaque supérieure. La feuille de plomb qui est très peu plus grande que les plaques d’acier, est ainsi comprimée sans variation d'aire; elle s’étendrait nécessairement sans l’encadrement : la pellicule serait déchirée.

On pose la pellicule de gélatine, le collodion contre la plaque inférieure d’acier; on recouvre de la feuille de plomb, puis de la plaque supérieure d’acier. On comprime. On maintient la pression quelques minutes. On décomprime, on dévisse les boulons; on sort le moule en plomb.

4° — Pour le tirage on se sert de papier épais qu’on doit fortement encoller pour le rendre imperméable à la solution chaude de gélatine servant à l’impression. Pour cela on l’imprègne d’une solution de

EMPLOI DE LA GÉLATINE ET DES CORPS SIMILAIRES 403

gomme laque à laquelle on ajoute du borax et du carbonate de sodium. Un saline pour boucher les pores; c’est dire qu’on lamine entre deux leuilles de zinc ou d’acier.

L encre photoglyptique est une solution de gélatine dans l’eau à laquelle on ajoute des matières colorantes. Le moule posé sur la presse et bien calé est graissé avec un tampon de flanelle pour que l’épreüve n y adhère pas. On y verse de l’encre liquéfiée par fusion vers 30»; on applique le papier. On exerce la pression ; on attend 3 à 10 minutes et on démoule. Pour ne pas perdre de temps, l’ouvrier utilise successivement quatre presses placées les unes à côté des autres.

La presse est du genre à plateau : c’est un plateau horizontal qu’on abaisse et qu on applique avec un levier.

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