‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 294 sur 392 · Daguerréotypie · texte numérisé non relu

Daguerréotypie

Le procédé de Daguerre donne immédiatement un positif.

Le substratum des opérations est une couche mince d’argent. On

utilise du cuivre plaqué d’argent qu’on trouve dans le commerce, ou plus simplement une glace argentée comme il est dit dans notre Cours sur la Construction ,...

Fig. 236.

Fi °’ 1 •

11 faut polir avec soin la couche d’argent d'abord avec un tampon de coton imbibé d’alcool, puis avec une peau de chamois enduite de rouge d’Angleterre très fin.

Pour former la couche sensible, on expose l’argent dans l’obscurité à la vapeur d’iode. On se sert commodément d’une boîte dont la figure 236 -représente la coupe. En C est une cuvette de porcelaine sur laquelle on éparpille des fragments d’iode. En G est une glace servant de cloison et qu’on enlève comme un tiroir par une rainure creusée dans le côté avant

de la boite. En A est la couche d’argent supportée par ses angles ; le tout est recouvert d’un couvercle.

On met l’iode dans la cuvette; on ferme la cloison. On dispose la plaque argentée, on ferme le couvercle et on tire la cloison. L'argent s’iodure et devient successivement jaune, rouge, violet, blanc et vert. Il faut aller jusqu’au rouge exclusivement, ce qui demande 2 à 3 minutes. Rien n’empêche d’arrêter l’opération en poussant la cloison et de regarder la couche d'argent un temps très court à une faible lumière.

Daguerre bromurait aussi la plaque, l’iodure d’argent étant peu sensible; mais je limite le procédé à l’essentiel.

Comme la couche d’iodure obtenue est peu sensible et qu’il ne s'agit ici que de fixer nos idées, nous l’impressionnerons par contact sous un cliché positif.

L’insolation est assez longue, de o à 10 minutes à la lumière diffuse.

Le développement s’effectue à la vapeur de mercure dans une boîte close de forme convenable. Le mercure est dans la cuvette de fer B; on le chauffe vers 60°; un thermomètre coudé donne ^température. La plaque insolée est posée, iodureen bas, sur des coulisses à 45°. Pour regarder où en est le développement, on ouvre la fenêtre F et l’on voit la surface sensible à travers un verre jaune V. On éclaire avec une bougie.

Le développement dure quelques minutes.

La vapeur de mercure agit probablement comme réducteur sur l’iodure impressionné, puis forme un amalgame avec l’argent réduit. Les parties qui ont reçu la lumière apparaissent en blanc mat diffusant sur fond miroitant qui joue le rôle de fond noir. D’où l’emploi d'un positif pour impressionner.

La plaque est fixée dans l’hyposulfite de sodium qui dissout l iodure d’argent.

Tel est, réduit à l’essentiel, le procédé si célèbre de Daguerre; il constitue une très jolie manipulation.

Ainsi dans le procédé de Daguerre, ce sont non pas les oppositions de teintes qui produisent l'image, mais les variations de pouvoirs diffusifs. Les daguerréotypes changent donc considérablement d’aspect suivant l’incidence de la lumière qui les éclaire, au point que pour certaines incidences, de positifs ils peuvent devenir négatifs. On les comparera à l’image obtenue avec de la gouache sur un miroir. En même temps que l’image, apparaissent nécessairement sur les noirs les reflets des objets environnants.

Comme inconvénients du procédé, signalons que l image est retournée (§ 280), qu’elle est unique, enfin que la plaque d’argent se sulfure à l’air d’une manière inégale; la sulfuration peut même envahir les blancs , c’est-à-dire les parties amalgamées diffusantes.

On peut virer l’épreuve au moyen d’un bain d’or (1 gramme de chlorure d’or dans 500 grammes d’eau distillée qu’on verse dans une solution de 4 grammes d’hyposulfite de sodium dans le même poids d’eau).

PROCÉDÉS ET ACTIONS DIVERSES

On met la plaque de niveau, on recouvre la solution d’or et, chauffant par dessous, on porte à l’ébullition. L’or forme un amalgame qui rend les blancs plus diffusants; il donne une teinte plus chaude à la surface d'argent non amalgamée.

Le dépôt d’or obtenu, on plonge brusquement la plaque dans l’eau froide. Son éclat et sa stabilité augmentent par le virage.

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