Thermophone
Disons quelques mots de la thermophonie pour permettre au lecteur de classer tous ces phénomènes.
Il s’agit ici purement et simplement d’une action calorifique.
1° — On envoie sur une lame mince quelconque un faisceau lumineux intermittent; cette lame placée contre l’oreille (ou encore agissant par l’intermédiaire d’un tube de caoutchouc) donne un son dont la hauteur égale la fréquence de l’éclairement périodique.
La lame L repose sur une portée ménagée dans un cornet de bois.
Elle est maintenue par une pièce cylindrique qui entre à frottement autour du cornet; elle n’a pas besoin d’être Fig-. 239.
encastrée solidement.
Pour que les effets soient notables, la lame doit être mince si elle est opaque; on peut utiliser des feuilles de cuivre, d’aluminium, de platine, de zinc, dont l’épaisseur est de l’ordre de 0,1 mm. ; on remarquera qu’elles sont conductrices de la chaleur. Si la lame est transparente (c’est-à-dire non conductrice), l’épaisseur n’influe pas sensiblement sur l'intensité du phénomène.
La lame n’intervient pas par ses propriétés élastiques; une lame fendue donne les mêmes effets qu’une lame intacte.
Quand on recouvre les lames opaques de céruse ou de blanc de zinc, les effets sont annulés; ils sont exagérés avec le noir de fumée : la couche noire doit être sur la face qui reçoit les rayons.
Pour les corps transparents, la couche noire doit être du côté de l’oreille.
Les radiations les plus actives sont les calorifiques (rouges et infrarouges). Tout s’explique en admettant que les radiations servent à
échauffer périodiquement la couche d’air qui est au contact de la lame réceptrice. D'où dilatations périodiques de cette couche et production du son.
2° — Pour mettre hors de doute cette explication, on réalise des expériences très simples.
Un tube de verre est bouché au moyen d’un piston P déplaçable; il
Fig. 240.
est relié par un tube T au cornet acoustique C. Il reçoit le faisceau intermittent F. Si le tube est vide, on n’entend rien. Mais un son se produit dès qu'on introduit un demi-cylindre L d’une substance quelconque, papier, mica, métal,... enfumé , ou encore si on enfume le verre intérieurement.
Si le verre est enfumé extérieurement , rien ne se produit.
En déplaçant le piston, on peut accorder le tuyau sur le son dont la fréquence est celle des variations du faisceau lumineux. Le phénomène est considérablement amplifié. D’où une méthode très simple d’exciter un son dans un tuyau entièrement clos.
3° — On peut baser un transmetteur téléphonique sur ces expériences. La figure 241 représente schématiquement le montage de l’appareil.
Les rayons émis par la source ponctuelle S sont rendus parallèles par
PROCÉDÉS ET ACTIONS DIVERSES
la lentille Lp sont réfléchis sur un mince miroir plan M, rendus convergents par la lentille L2; ils tombent enfin sur un demi-cylindre enfumé contenu dans le tube de verre T. On écoute en O. ✓
Le miroir, formé par une lame mince de verre argentée, est monté de manière qu’il soit déformé quand on parle dans Fembouçhure B.