SÉLÉNIUM
La conductibilité électrique du sélénium cristallisé diminue lorsqu’on l’expose à la lumière. L’effet varie beaucoup suivant l’état physique. En portant le sélénium amorphe vers 210° et en prolongeant l’action de
celle température, on obtient une variété cristalline à grains grossiers dont la résistance est assez faible dans l’obscurité (de l’ordre de celle des métaux mauvais conducteurs), mais devient jusqu'à dix fois moindre sous l’influence des rayons solaires. La lumière diffuse la diminue de moitié. Ces nombres ne sont que pour fixer les idées.
La variation croît moins vite que proportionnellement à l’intensité de la lumière. La partie violette du spectre semble avoir un effet prépondérant. Les rayons calorifiques obscurs n’ont d’autre action qu’un échauffement, et tout échauffement augmente la résistance .
Quand on supprime la lumière, la conductibilité reprend assez lentement sa valeur première. Par exemple une surface de sélénium dont la résistance était de 258 000 ohms dans l’obscurité et était devenue 200 000 sous l’influence de la lumière, présentait les résistances suivantes pour des temps t en secondes après la suppression de la lumière :
t— ls 2S 3S ^ 46 5S 6S
2° — Sulfure d’argent.
On réalise une couche mince de sulfure d’argent (épaisseur de l’ordre de 10 a) en sulfurant une lame d’argent pur par électrolyse du sulfure de sodium en solution étendue. En chauffant un point de la lame d’argent, on détache la lame de sulfure qu’on place sur une feuille d’amiante. Les électrodes sont des lames d’argent solidement serrées contre la lame de sulfure.
La résistance est de l’ordre de 10 000 io.
La lame est sensible à toutes les radiations de l’infra-rouge à l’ultraviolet.
5° — Emploi comme transxMetteur téléphonique.
De cette propriété résulte la possibilité de constituer un transmetteur p téléphonique avec une la¬
melle S des corps précédents. Intercalons-la dans un circuit contenant une pile et le primaire d'un transformateur dont le secondaire est relié à un téléphone. En- Fig. 238. voyons sur S un faisceau
lumineux variable ou intermittent. A chaque période de l’éclairement correspond une période de la résistance, une période du courant primaire, une période du secondaire et une période du mouvement du disque de fer. Le faisceau lumineux périodique est obtenu au moyen d'un disque percé de trous qui intercepte les rayons émis par une source intense.
De ce qu’on entend un son dans le téléphone, il ne faut pas conclure que la résistance revient à sa valeur normale aussitôt que cesse l'éclai-
PROCÉDÉS ET ACTIONS DIVERSES
rement : l’expérience directe montre pertinemment le contraire. 11 faut conclure que la résistance subit une variation qui peut n’être qu’une très petite fraction de la variation totale.
Les minimums et maximums de la résistance sont probablement décalés par rapport aux maximums et minimums de l’éclairement.
Le phénomène qui est du type . à hystérésis (voir la préface de ce volume) exigerait une étude systématique, consciencieuse et intelligente.