‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 303 sur 392 · Expériences de Waidelé · texte numérisé non relu

Expériences de Waidelé

Niepce expliquant ses expériences par une nouvelle espèce de lumière invisible, suivait les traces de Moser; ces physiciens ne furent du reste pas les derniers à inventer de nouvelles radiations : tout le monde connaît les découvertes sensationnelles de MM. Le Bon et Blondlot. N’empêche que les expériences de Moser, de Waidelé, de Fizeau, sont en elles-mêmes fort intéressantes comme nous forçant à réfléchir sur le peu qu’il faut pour modifier les propriétés superficielles des corps et sur la porosité des corps dont le grain nous parait le plus serré. ,

P __ Le lecteur répétera l’expérience très remarquable suivante. Sur une glace bien nettoyée et séchée, appliquons un morceau de papier. Soufflons l’haleine à la fois sur le papier et la glace; retirons le papier : ses bords apparaissent nettement dessinés par la buée. Attendons que l’haleine soit évaporée, que la trace du papier ait disparu.

Soufflons de nouveau : elle reparaît. Attendons que la buée soit évaporée; soufflons : elle reparaît encore..., et ainsi de suite. Nous pouvons recommencer bien des fois -avec le même résultat, même en séparant les insufflations successives par des temps de l’ordre de l’heure.

Donc sous une forme ou sous une autre, les traitements différents subis au début de l’expérience par les parties voisines de la glace, influent sur toutes les opérations ultérieures, naturellement avec une intensité qui diminue peu à peu.

2° — Waidelé opère sur des plaques d’argent ou de plaqué d’argent qu’il

PROCÉDÉS ET ACTIONS DIFFUSES

polit avec du tripoli. Cette poudre absorbant l’humidité de l’atmosphère, il faut la sécher : ce qu on réalise au mieux par une légère calcination.

La plaque polie avec la poudre récemment calcinée montre, après insufflation, une belle coloration bleue; polie avec la poudre calcinée et abandonnée quelques jours à 1 air, elle montre une coloration brunâtre.

La plaque qui montre la coloration bleue donne la coloration brune si on l’abandonne quelque temps à l’air.

Pour montrer que la différence des effets du tripoli tient à ce que ses grains absorbent les gaz avec avidité et en sont privés par la calcination, Waidelé répète l’expérience avec le charbon dont les propriétés absorbantes sont bien connues.

Il calcine du charbon en poudre, le refroidit sur une plaque de fer et le sature d anhydride carbonique sec. Il calcine une nouvelle quantité de charbon. Aussitôt qu’il est refroidi, il verse côte à côte les deux poudres sur une plaque d’argent polie. Après deux minutes, il les balaie et insuffle 1 haleine. Les régions de la plaque que recouvrait le charbon lécemment calciné, par conséquent avide de gaz, apparaissent en bleu; celles que recouvrait le charbon saturé d’anhydride carbonique, par conséquent prêt à en céder, apparaissent en brun.

Ainsi le polissage par l’émeri calciné ou le contact du charbon calciné permettent d obtenir une surface privée de gaz ; ces poudres les absorbent énergiquement et vident l’argent qui est au contact. Au contraire, le polissage par l’émeri assez longtemps abandonné à l’air ou le contact du charbon gavé de gaz, en saturent la plaque d’argent.

4° Par le procédé qu’on vient de décrire, on sature la plaque d’argent de gaz carbonique ou d’ammoniac; on insuffle l’haleine : la coloration est brune. On pose sur la plaque une rondelle de charbon de bois, calcinée dans un creuset fermé de platine et refroidie. Après quelques

minutes on retire la rondelle, on insuffle : sa trace paraît bleue sur fond brun.

De même on sature la plaque d’hydrogène; on dessine avec un morceau d éponge de platine; on insuffle : les traits viennent en bleu sur fond brun.

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