Impression trichrome
Nous étudierons plus loin (§ 416) sous le nom de lithographie sur gélatine ou de photocollographie , un procédé qui permet d’obtenir par impression lithographique la reproduction d’un dessin. On recouvre une dalle de verre d’une couche de gélatine bichromatée, on expose sous un négatif. Sous les blancs de ce négatif, c’est-à-dire dans les parties qui correspondent aux noirs de l’objet, la gélatine perd la propriété de s’imbiber d’eau, par suite acquiert celle de fixer l’encre grasse après passage d'une éponge mouillée.
Mais ici ce sont non plus les parties de la gélatine qui correspondent aux noirs de l'objet, que nous voulons rendre capables de fixer l’encre coloré, mais les parties qui correspondent aux lumières de l’objet. D où la nécessité de procéder comme au § 340, de réaliser les trois négatifs en éclairant l’objet avec les complémentaires des couleurs contenues par les encres d’impression (laque de garance, jaune de chrome et bleu de Pr usse).
Nous savons (§§ 216 et 469) que la coloration est encore ici par soustraction, les trois couches colorées étant à peu près transparentes et la réflexion s'opérant sur les couches profondes.
La question se pose de savoir si vraiment il est avantageux de demander à la photographie dejouer le rôle du chromiste. La pratique montre qu’il est plus simple de n’exiger d’elle que le dessin. De ce dessin on supprime par des caches les parties inutiles pour réaliser les reports qui correspondent aux diverses couleurs d’une chromolitho-
graphie. Nous reviendrons là-dessus au § 402. On peut soutenir sans paradoxe que le principal avantage de la photographie en couleur est de fournir des résultats imprévus , qui par ^conséquent ne manquent pas de charme.