‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 311 sur 392 · Photographie des couleurs, méthode pigmentaire · texte numérisé non relu

Photographie des couleurs, méthode pigmentaire

Voici le procédé de Ducos de Hauron réalisé par MM. Lumière.

1° — Des grains de fécule de pomme de terre ayant de 15 à 20 microns de diamètre, sont divises en trois lots qu’on teint respectivement en rouge orangé, en vert, et en violet. Nous reviendrons plus loin sur ce qu il faut entendre par là. Toujours est-il que les grains rouge orangé laissent principalement passer les rouges et les orangés, et absorbent notablement ou complètement les autres couleurs; de même rnutatis mu tandis pour les grains verts et violets.

Une fois les poudres colorées et desséchées, on les mélange en proportion telle que la poudre obtenue soit incolore par transmission. On étend cette poudre sur une lame de verre recouverte d’un enduit poisseux : on arrive à obtenir une couche de grains se touchant tous , sans vide ni superposition. On constitue ainsi un écran dans lequel chaque millimètre carré contient 8 à 9 000 petits écrans élémentaires.

On isole par un vernis la couche colorée; on superpose une couche d émulsion panchromatique au gélatinobromure.

2° — On expose dans la chambre noire, en tournant le verre audevant de la lumière. On place un écran jaune devant l’objectif, afin de compenser la sensibilité toujours plus grande de l’émulsion pour les violets (§ 178).

Les rouges et couleurs voisines impressionnent la plaque sous les écrans rouges; les verts l’impressionnent sous les écrans verts, les violets sous les écrans violets.

Développons et fixons à la manière ordinaire. Nous avons comme négatif une image colorée qui, vue par transparence, est complémentaire de l’objet; en effet l’argent réduit forme écran opaque derrière les écrans colorés transparents qui ont laissé passer de la lumière. La lumière blanche, qui sert à l’éclairage par transparence, est d’autant plus privée de rouge, par exemple, que le rouge existait en grande quantité dans la lumière émise par l’objet.

3° Le problème revient donc à inverser le cliché, à le transformer en un positif : ce que nous réalisons par la méthode du § 282 dont l’ordre des opérations est légèrement modifié.

Développons mais ne fixons pas.

Détruisons l’argent réduit par un bain de permanganate de potassium :

Eau (1 000 gr.), permanganate (2 gr.), acide sulfurique (10 cm3).

En dissolvant l’argent opaque, nous rétablissons la transparence initiale de la couche sensible. La quantité de bromure, qui subsiste en ses divers points, est d’autant plus faible qu’elle avaitété d’abord plus attaquée, du bromure ayant été réduit à l’état d’argent proportionnellement à la quantité de lumière transmise par les écrans.

Continuons les opérations à la pleine lumière du jour.

Toute la couche est insolée. Développons. L’argent est réduit en

quantité d’autant plus grande que la couche est plus riche en bromure. Quand l’image est convenable, fixons.

Ce second développement rend la couche principalement opaque sous les écrans colorés qui dans l’exposition n’ont rien transmis. Nous réalisons ainsi un positif à partir du négatif initial; l’image est renversée. Elle reproduit les couleurs de l’objet.

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