Induction photochimique
1° — Bunsen et Roscoë découvrirent un phénomène capital qu'ils nommèrent induction photochimique.
La combinaison du chlore et de l’hydrogène est d’abord extrêmement lente; elle s’accélère peu à peu, quelque constante que soit la source lumineuse utilisée, et tend vers une vitesse asymptotique. Il est infiniment remarquable que le temps nécessaire pour atteindre la vitesse constante se chiffre en minutes (fig. 249).
Soit O la quantité totale des gaz combinés au bout du temps t (ou, si l'on veut, le déplacement total de la colonne liquide qui mesure la combinaison). La vitesse d O : c//, d’abord nulle jusqu’au temps T1?
•ci oit et tend vers une valeur limite, qu’elle atteint pratiquement au temps T2 : la courbe 0 = /’(/), est alors une droite.
redevenue plus petite qu’elle n’était; il lui faut un certain temps pour reprendre sa valeur limite antérieure. La modification due à la lumière et qui rend possible la combinaison, disparaît donc dans l’obscurité.
3 Les temps et T2 au bout desquels la vitesse de combinaison cesse d’être nulle et devient constante, diminuent quand croît l’intensité de la lumière. Le temps diminue plus vite que le temps T2; autrement dit, pour une intensité suffisante, l’action commence immédiatement, mais le temps au bout duquel la vitesse devient constante, reste encore relativement grand.
4° — Bunsen et Roscoë ont montré que le chlore gazeux est très absorbant pour les radiations qui provoquent la combinaison. Une épaisseur de 17 centimètres à la pression ordinaire suffit pour réduire l’action au dixième de §a valeur. L’hydrogène est peu absorbant.
Il est dès lors facile d’expliquer pourquoi, quand l’épaisseur du mélange dans le sens de la lumière est grande, la combinaison est loin de croître proportionnellement à la masse sur laquelle l’action s’exerce. D’une part en raison de l’absorption, la lumière agit moins sur les couches postérieures que sur les couches antérieures; de l’autre, l'aptitude à la combinaison développée sur les couches antérieures par une lumière intense disparaît quand, en vertu du mouvement des molécules, elles passent dans les couches postérieures.
Il sera donc bon d’opérer sur des couches peu épaisses.