‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 322 sur 392 · Décomposition de liodure d’azote · texte numérisé non relu

Décomposition de liodure d’azote

Pour déterminer l’intensité lumineuse, Guyard propose d’utiliser la réaction de l’iode sur l’ammoniaque en solution aqueuse :

4AzH3-h 31 = 3(AzH4I) 4- Az.

De l’azote se dégage.

Malgré ce que je lis dans la note de l’auteur, je ne vois pas la possibilité de disposer une expérience quantitative qui exigerait évidemment la connaissance de la surface de l’iode sur laquelle tombe la lumière. Voici ce qui nous est dit : dans un matras à tube latéral, on introduit 1,27 gramme d’iode, et on remplit d’ammoniaque à 22°. Quand on expose à la lumière, il se dégage 33,5 centimètres cubes d’azote : la vitesse du dégagement est proportionnelle à l’intensité.

Au lieu de partir d’iode et d’ammoniaque, on peut partir d'iodure d’azote. Dans l’eau la décomposition à la lumière se fait d’abord tranquillement, mais se termine par une explosion.

Dans l’ammoniaque, elle est régulière jusqu’au bout.

C’est une singulière idée de chercher l’équivalent chimique ou mécanique de la lumière dans une réaction à ce point explosive.. J'en parle comme offrant, paraît-il, un maximum de sensibilité dans le jaune et le minimum dans le violet. Au surplus la proportionnalité à l’intensité lumineuse est une clause de style; on se garde bien de nous dire sur quoi repose l’affirmation.

Étude des plaques au gélatinobromure d’argent.

358. Hétérogénéité des couches sensibles. Expériences croisées.

10 ~ Les plaques du commerce ne sont pas homogènes. Même en admettant que leurs propriétés varient d’une manière continue d’un bord à l’autre, il devient nécessaire de croiser les expériences quand on veut être sûr des résultats.

La figure 250 représente un cliché dont on a impressionné cinq régions égales et équidistantes : les régions 1, 1', 1", dans certaines conditions bien déterminées, les régions 2, 2', dans d’autres conditions.

On veut comparer les résultats.

Déterminons les noirs (§ 276) ; portons-les en ordonnées; prenons pour

abscisses les distances des milieux des régions impressionnées au bord gauche de la plaque.

Si la couche sensible était homogène, les points 1, 1', 1", seraient sur une horizontale, les points 2 et 2' sur une autre horizontale. La couche étant hétérogène, ils sont respectivement sur des courbes I et II.

C’est la distance moyenne de ces courbes qui mesure la différence des résultats.

Par les trois points 1, faisons passer la parabole :

a -+- bx

y ~ a -+- ox -h ex ;

Déterminons les distances verticales des points 2 et 2' à cette parabole; leur moyenne est la différence cherchée.

Outre l’hétérogénéité de la couche, cette méthode élimine les perturbations qui varient d’une manière continue (modification des sources ’ lumineuses d’éclairement ou de mesure des noirs), à la condition que les cinq clichés soient obtenus à des intervalles de temps égaux et que leurs noirs soient également déterminés à des intervalles de temps égaux. C est là un bon exemple d’expériences systématiquement croisées. Rien n’empêche de prendre 7 clichés au lieu de 5.

2° — Les calculs qui correspondent à cette méthode, sont très

simples; on les trouvera développés au § 545 des Exercices de Mathématiques.

Soient y', y", les trois ordonnées des points 1, 1', 1" de la

parabole I. Les ordonnées intermédiaires ont :

Y, — Y ( 3^4 H- 6 */! — ÿï) Y‘ = Y (~ y\ + + %‘)*

Les distances verticales des points 2 et 2' à la parabole sont :

Y4 — ÿt et Y [ — yi

Leur moyenne est :

(Vi + y^‘

Le calcul en est donc rapide. Comme vérification, on trouve bien zéro si toutes les ordonnées sont égales.

3° — Dans les paragraphes suivants j'utilise les résultats d’expériences que j’ai faites en 1892 et 1893 et qui ont été publiées en 1894. J’ai présenté ce travail comme thèse en juillet 1893; est-il besoin de dire qu’il fut ignominieusement repoussé par la Sorbonne qui n’y comprit absolument rien? L’amusant est qu’à la même époque, Abney faisait e en Angleterre des expériences par une méthode analogue, qui donnèrent des résultats concordants avec les miens et dont je n’avais du reste pas connaissance. Elles furent immédiatement déclarées géniales.

Que cet exemple serve aux débutants et leur apprenne en quelle estime il faut tenir l’opinion des pontifes !

Page 1