Inversion d’un cliché par surexposition
La courbe précédente permet de discuter la question si controversée de l’inversion du cliché par surexposition.
Il est d’abord évident que si l’on ne prend pas des précautions particulières, le cliché ne sera pas inverti dans totites ses demi-teintes. Pour les régions peu lumineuses, nous serons encore à gauche de l’ordonnée Nt, sur la courbe montante OAB, alors que pour la même pose et pour les régions très lumineuses, nous aurons dépassé cette ordonnée : nous serons sur la courbe descendante BCD.
Le problème est simplifié si, par une exposition d’ensemble préalable, de durée suffisante, nous commençons par mettre tous les points de la plaque sur la courbe descendante BC.
Sur les parties qui seront alors insolées, le noir diminuera et d’autant plus que l’intensité de la lumière sera plus grande. C’est effectivement ainsi que MM. Lumière conseillent d’employer leurs plaques intensives pour positifs directs. Il va de soi que la pose sera toujours longue
(de l’ordre de 5 à 10 minutes). Aussi bien le résultat n’a qu’une relation vague avec le positif obtenu par contact à partir d’un négatif ordinaire.
Toutes les discussions sur la méthode précédente sont sujettes aux mêmes critiques. L’œil est extrêmement complaisant, si complaisant même que dans certains cas il ignore si ce qu’on lui montre est un positif ou un négatif. Pour peu que le cliché ait une vague apparence de positif, il se déclare satisfait. Une discussion vraiment scientifique exige plus de rigueur. Ceux qui prétendent réaliser une inversion correcte par surexposition, doivent publier les courbes des noirs de la plaque en fonction des temps de pose et pour diverses intensités.
Ils reconnaîtront alors que leurs soi-disant positifs ne le sont qu’en raison d’une tolérance excessive.
Si l’on ne commence pas par noircir uniformément la plaque, il n’y a aucun espoir d’obtenir une inversion régulière. Les régions peu lumineuses viennent quasiment en blanc : poser 5 ou 10 minutes devant un écran noir, ne donne jamais des noirs intenses sur le cliché.
Si la plaque est au préalable noircie, la théorie indique qu’il n’est pas impossible d’obtenir une inversion relativement satisfaisante. Toute la difficulté, et elle est grande, consiste à choisir ce noircissement préalable. On a tôt fait de dire qu’il faut voiler la plaque des deux côtés; malheureusement une telle recommandation est bien imprécise.
Le résultat dépend absolument de l’état d’où on part, état variable avec l’intensité du voile préliminaire
Au surplus pour intense que soit la lumière, on ne ramène pas le noir à être nul. Le noir minimum es! un gris assez intense : le cliché manque toujours d’oppositions. Ce serait une erreur grossière de croire
qu’une surexposition ramène la plaque dans l’état premier.