Courbe des noirs pour les grands éclairements
1° — Employons un faisceau de grande intensité; par exemple exposons un cliché aux rayons solaires directs.
Portons en abscisses les temps de pose, en ordonnées les noirs.
Pour des poses très courtes (petites fractions de seconde) la courbe des noirs a la forme que représente la figure 251.
Mais après une seconde de pose, le noir a déjà cessé d’avoir sa valeur maxima très voisine de l’unité, mais en toute rigueur pas nécessairement égale à 1 ; la courbe des noirs redescend : il y a inversion.
Le noir ne diminue pas indéfiniment. Pour une pose de l’ordre de dix secondes on- trouve un minimum; après quoi la courbe remonte d’abord assez vite, puis très lentement (fig. 252).
Ce phénomène est connu depuis longtemps.
Voyons ce qu’il en résulte si nous faisons poser, non plus une teinte plate, mais un objet très lumineux formé de deux régions dont les rapports des intensités ne diffère pas beaucoup de l’unité.
Figurons en pointillé la courbe des noirs de la région la moins lumineuse.
Pour des poses très courtes, nous obtenons un négatif : sur le cliché la région la plus éclairée de l’objet est plus noire que la moins éclairée.
Allongeons la pose, nous arrivons au niveau du maximum : la plaque est uniformément noire; c’est, si l’on veut, un premier état neutre N,.
Allongeons la pose; nous obtenons un positif; à la région la plus éclairée correspond le noir le plus faible.
Puis vient un second état neutre N2 où la plaque est uniformément claire, auquel succède une image négative qui diffère de la première par l’énorme pose nécessaire à la produire.
Enfin nous arrivons sur les asymptotes des deux courbes qui sont peu distantes l une de l’autre et qui donnent lieu à un troisième état neutre N3.
2 0 — Pour réaliser des expériences qualitatives sur l’inversion, on construit une espèce de chambre plate dont le couvercle se compose
d’une douzaine de languettes parallèles mobiles à charnière et formant volets. On met une plaque dans la chambre; on soulève tous les volets, on expose brusquement à une forte lumière ; toutes les secondes, par exemple, on rabat un des volets. On a ainsi côte à côte douze bandes parallèles ..dont les temps d’exposition ont varié suivant une loi arbitraire. On retrouve ainsi facilement la forme générale de la courbe des noirs.