Effet des alternatives d’intensités grandes et petites
1 0 — On déverse successivement sur le cliché deux certaines quantités d’énergies, l’une avec l’éclairement Ep l’autre avec l’éclairement E2 beaucoup plus petit.
On compare les résultats obtenus en commençant par E1 ou par E2.
On trouve que lé noir est beaucoup plus grand dans le premier cas que dans le second. Un éclairement trop faible pour avoir une action sensible sur un cliché non impressionné ou peu impressionné, a donc une action sensible, s’il agit après un éclairement plus fort.
Becquerel classait les radiations en actives et continuatrices , celles-ci, de plus grandes longueurs d’onde, n’agissant que sur une matière déjà impressionnée. Une telle distinction s’effondre devant le fait (démontré par mes expériences) que toutes les radiations jouent le rôle réservé par Becquerel aux continuatrices. Les radiations rouges, ordinairement peu actives, n’ont d’effet que si elles agissent après d’autres radiations plus actives.
2° — Expériences sur les énergies capables de produire l’inversion.
Les expériences précédentes correspondent à la partie ascendante OAB de la courbe des noirs, c’est-à-dire à des énergies déversées moyennes. Étendons-les aux forts éclairements. La méthode consiste à faire poser un cercle de 3,5 centimètres de diamètre, puis à rabattre une
couronne opaque de manière à ne laisser découvert, qu’un cercle de 2 centimètres de diamètre. Après développement, on juge immédiatement par contraste, s’il y a inversion dans le cercle central.
Déversons successivement la meme quantité d’énergie avec des intensités 1 (opération P) et 6 (opération G), par conséquent avec des poses 6 et 1. Les combinaisons GG, PP, PG, ne donnent pas d’inversion; la combinaison GP donne l’inversion.
Ainsi alors qu’une pose avec l’intensité 6 se superposant à une pose égale, ne diminue pas le noir, une pose d’intensité 1 (et de durée 6, de manière que l’énergie déversée soit la même) le diminue, c’est-à-dire amène le point figuratif plus loin sur la courbe des noirs.
C’est une des formes del'action continuatrice des faibles éclairements venant après les grands.
367. Action sur une plaque au gélatinobromure d’un faisceau lumineux interrompu.
1° — Exposons une plaque au gélatinobromure derrière une roue de
zinc découpée comme l’indique la figure 254 et mue par un petit moteur électrique avec une vitesse uniforme facile à déterminer.
Pour que l’intensité lumineuse passe brusquement de la valeur nulle à la valeur maxima, disposons la roue près de la couche sensible et supposons la source lumineuse assez éloignée.
Pour une roue donnée, définie par le nombre des dents et par le rapport a : S des vides ou pleins, la quantité d’énergie déversée est indépendante du nombre n de tours par seconde; mais la répartition de l’énergie dans le temps dépend de ce nombre.
Posons :
fi. — et 1 (oc — H [3) .
Choisissons une pose assez longue et faisons varier la fréquence d’une valeur très petite à une valeur très grande. Très petite signifie que le nombre des périodes (obscurité, lumière) contenues dans le temps de pose est de quelques unités; très grande signifie que le nombre de périodes par seconde se chiffre par centaines.
On trouve que le noir diminue quand la fréquence augmente; il diminue d’abord vite, puis lentement; de sorte que pour de grandes fréquences, le noir est indépendant de la fréquence (fig. 255).
Dans tous les cas la quantité totale d’énergie déversée est la même; le temps de pose effectif est le même : seul varie le nombre des inter-
ruptions. Leur fréquence diminue le noir proportionnellement à ellemême quand elle est petite, puis de moins en moins à mesure qu’elle grandit. .
2° — Utilisons une roue caractérisée par un certain rapport voisin de 0,2. Nous venons de voir que pour des interruptions nombreuses, une pose 1 avec la roue donne un noir plus petit qu’une pose sans la roue, l’éclairement restant le même dans les deux cas. L’expérience montre que le noir avec la roue est même plus petit que celui qu’on
obtiendrait en posant le temps 1 avec un éclairement jj.. Ainsi l’effet des interruptions sur le noir n’est pas équivalent à un étalement de réçlairement total dans le temps, avec conservation de l’énergie. Pour des valeurs de fj. de l’ordre de 0,2, l’effet des interruptions amène une diminution plus grande; pour des valeurs beaucoup plus petites, il se peut que l’effet soit interverti.
3° — Les interruptions produisent des effets analogues sur l’inversion.
Pour la même quantité d’énergie déversée, les clichés sont toujours plus clairs avec la roue que sans la roue, absolument comme si l’on avait diminué l’éclairement en laissant constante l’énergie.
Corrélativement on trouve avec la roue des inversions pour des quantités d’énergie plus faibles. Bref les courbes sont disposées comme celles de la figure.