Chromozincographie en creux
Sur le cas très simple de la gravure au trait creux, expliquons en quoi consiste l’obtention des couleurs.
On part d’un positif; on prépare au bitume autant de plaques de zinc qu’il y a de couleurs (y compris le noir), on les insole sous le positif unique, on les développe à la manière ordinaire. Pour rendre possible le repérage , on a tracé en haut et en bas du cliché, en dehors du dessin, deux repères formés de deux lignes en croix dont les intersections donnent deux points. Ces repères se produisent sur tous les zincs.
Chacun des zincs, correspondant à une couleur, ne doit porter qu’une partie du dessin. Avant de mordre, on recouvrira donc au pinceau, avec du vernis ou bitume, tout ce qui doit disparaître. C’est possible, le trait après développement se détachant en blanc gris sur le fond rouge du bitume.
„ Ces planches sont alors gravées. On les encre avec les couleurs correspondantes. Le papier passe sous la presse autant de fois qu’il y a de planches, par suite de couleurs : la seule difficulté est un repérage parfait.
385. Gravure au trait sur verre (couche inerte et couche sensible).
— La gravure sur verre fournit une intéressante application des •
propositions énoncées au § 381. Impossible de se servir de bitume de Judée : les couches minces sont attaquées par le mordant ordinaire du verre, l’acide fluorhydrique ; les couches épaisses ne peuvent être insolées à fond, si longue que soit l’exposition. D’autre part la gélatine est attaquée par l'acide.
D'où le détour très curieux que voici.
On nettoie la face du verre à graver à l’acide azotique (quelques heures), à l’eau, enfin avec un mélange d’alcool et d’ammoniaque. On sèche. On chauffe légèrement; on couvre d’une couche de vernis épais (bitume 20 gr., essence de térébenthine 60 cm3, benzine 60 cm3) qui ne jouera aucun rôle photographique.
On fait sécher, à la lumière si l’on veut.
Sur ce vernis on étend dans l’obscurité une couche sensible de gélatine bichomatée. On fait sécher. On expose assez longtemps sous un positif (§ 312).
On développe à l’eau chaude. On met donc à nu, non plus le substratum, mais la couche épaisse de vernis. On sèche, on traite alors par
la benzine qui attaque le vernis et met à nu le substratum (dans l’espèce la plaque du verre).
Il ne reste plus qu’à attaquer celui-
2° — Attaque par l’acide fluorhydrique.
Pour graver on se sert d’une caisse en plomb P placée sous une hotte.
On met dans une capsule de plomb un mélange de fluorure de calcium (spath fluor) en poudre et d’acide sulfurique.
On chauffe légèrement au bain de sable S.
Dès vapeurs d’acide fluorhydrique se dégagent :
Fig. 260.
CaFP S04H2 = S04Ca -b 2HF1.
Elles sont très dangereuses à respirer.
Elles attaquent le silicium et les silicates, par conséquent le verre :
SiO2 -b 4HF1 == SiFl4 4- 2H20. ‘ '
Le verre est dépoli; les traits du dessin sont opaques par transparence.
3° — Attaque au jet de sarle.
Le procédé est purement industriel, vu le matériel qu’il exige.
Une soufflerie actionnée par une machine lance un jet de sable sur la
REPRODUCTION ET IMPRESSION EN CREUX ',75
glace. Le sable est sans action sur la réserve qui est relativement molle ; il n'agit que sur le verre et le dépolit.