‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 364 sur 392 · LOCALEMENT MODIFIÉE · texte numérisé non relu

LOCALEMENT MODIFIÉE

1° — Le procédé tire son nom du fait que pendant longtemps on n’employait comme surface modifiée que celle des pierres calcaires. Mais il ne faut pas croire que la pierre ait des propriétés extraordinaires : tous les corps de grain fin qui se mouillent sans excès et sèchent assez rapidement, peuvent, pratiquement la remplacer : par exemple, le zinc, le nickel, l’aluminium, pour ne citer que les corps industriellement utilisés. Au reste une infinité d’autres corps, le cuivre..., le verre, le celluloïd, le parchemin, la gélatine,... etc., etc., possèdent les mêmes propriétés.

La méthode est basée sur les remarques suivantes que nous présentons à propos de la lithographie proprement dite comme exemple.

Quand la pierre est sèche , elle retient les corps gras et résineux au point qu’on ne peut les enlever sans user la surface. Quand elle est mouillée , les corps gras n’adhèrent pas. D’autre part les corps gras et résineux, qui ne peuvent être mouillés , retiennent les corps similaires.

D’où le procédé général : Sur une pierre sèche on dessine avec un crayon gras ( crayon lithographique) ou à la plume avec de V encre grasse. On mouille , on encre au rouleau : l'encre ne tient que sur le dessin qui ne se mouille pas et n adhère pas sur les parties extérieures au dessin qui sont mouillées.

, O11 imprime en pressant une feuille de papier contre la pierre.

Reprenons les divers points de cet énoncé général.

2° — Pierres lithographiques.

Les pierres employées sont formées presque exclusivement de calcaire pur; leur grain est fin et serré.

La teinte des meilleures pierres est gris perle ou gris ardoise.

Elles viennent de Munich, de Châteauroux, du Vigan,... Leurs dimensions peuvent atteindre 200 X 150 centimètres.

Elles sont dressées, poncées et grainées par des procédés que nous avons décrits dans notre cours sur la Construction .... des instruments

de mesure et d' observation. Pour éviter qu’elles ne cassent si elles sont trop minces et pour égaliser leur épaisseur, on les double : on les superpose à une autre pierre qu’on lie avec du plâtre. Quand une composition ne sert plus, on l’elïace en grainant et ponçant la pierre, ce qui entraîne une petite diminution d’épaisseur.

On commence toujours par grainer à gros grains; puis suivent le travail à effectuer, on parfait plus ou moins le polissage. Pour la plume, on ponce; pour le crayon, on réalise un grain plus ou moins fin suivant l’effet artistique à obtenir.

On a cherché sans grand succès à fabriquer des pierres lithographiques avec un mélange de craie, d’oxyde de zinc, de chaux et d'huile de lin.

3° — Encres, crayons lithographiques.

Les encres lithographiques ou encres grasses sont employées pour dessiner ou écrire sur la pierre.

Voici la composition d’une encre grasse :

Cire jaune Suif Savon de Marseille Gomme laque Noir 4 3 13 6 3

L’industrie a toujours des recettes extraordinaires. On doute légitimement de la nécessité des formules bizarres quand on entend simultanément proclamer l’excellence des mélanges les plus divers.

On prépare des" encres de compositions analogues rendues liquides par de l’eau.

Les corps gras ne se séparent pas de l’eau grâce au savon qui est soluble dans l’eau et qui les dissout.

Les crayons lithographiques sont de compositions analogues mais solides. Voici une formule :

Cire jaune

Suif

Savon

Noir de fumée

Ces encres sont rendues nôtres uniquement pour faciliter le travail ; le noir n’intervient en aucune manière. Dans certains cas on le supprime; l’encre devient transparente ou translucide.

L’encre d'impression qu’il neffaut pas confondre avec l’encre grasse, se compose de vernis et de noir de fumée comme l’encre typographique. L’encre célèbre de Lemercier contient du pain et des oignons : quand l’industrie abandonnera-t-elle ces recettes absurdes? S’il existe dans le pain et les oignons des principes utiles, qu’on les introduise sans les matières inutiles qui. les accompagnent.

Le lecteur remarquera la différence de composition des encres et crayons lithographiques et de l’encre à imprimer. Celle-ci n’est pas grasse; elle n’a pour la pierre qu’unev'adhérence petite, elle ne se fixe que là où l'encre lithographique a pénétré. Cette remarque explique bien des faits qui semblent d’abord contradictoires; en particulier que

lithographie reproduite en similigravure (§ 400)

IMPRESSION SUR UNE SURFACE QUASI PLANE

tant de corps et des plus divers puissent remplacer la pierre lithographique : en définitif on ne demande à celle-ci que de pouvoir être mouillée et de retenir les corps gras quand elle est sèche.

4° — Préparation de la pierre.

L expérience montre qu une fois le travail de l’artiste terminé et avant de passer au tirage des épreuves, il faut que la pierre subisse une pi éparation. On la traite par une solution contenant (en moyenne,

800 grammes d eau, 200 grammes de gomme arabique et 10 grammes d’acide nitrique.

\ oici les expériences prouvant l'utilité de la préparation.

Sur une pierre propre et sèche, dessinons au crayon lithographique. Humectons avec une éponge et tirons des épreuves sans remouiller. Peu à peu les traits s’élargissent et s’empâtent, des taches apparaissent partout où la pierre sèche. /

Préparons la pierre avec une solution de gomme arabique : nous pourrons tirer plus d’épreuves sans remouiller ni faire de taches; mais peu à peu les traits s’empâtent. Enfin préparons la pierre avec une solution de gomme arabique et d’acide: outre que la pierre est nettoyée et légèrement décapée, l’expérience montre que les traits ne s’empâtent plus et que les taches n’apparaissent pas, à la seule condition de remouiller à l'eau pure avec une éponge humide avant le tirage de chaque épreuve.

En définitive sur la pierre polie ou grainée, propre et sèche, on dessine avec le corps gras. On prépare avec une solution acide et gommée; on encre au rouleau et omimprime. On passe une éponge légèrement mouillée, on encre et on imprime;... et ainsi de suite.

Je néglige des détails purement techniques.

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