Travaux lithographiques à la plume, au crayon
1° — Dans une infinité de travaux lithographiques, on écrit ou on dessine sur la pierre avec de l’encre lithographique de la consistance de l’encre ordinaire et des plumes spéciales.
L’écriture demande un long apprentissage car il faut écrire à /’ envers. Comme travail de ce genre, citons les factures, prospectus,... enfin, les cartes de visite.
Les dessins industriels s’exécutent au tire-ligne et à la plume.
~° Les dessins artistiques s’effectuent au crayon lithographique.
Le dessin à reproduire est calqué sur du papier transparent à la mine de plomb ou à l’encre ordinaire. On retourne le papier, on le fixe sur la piei re avec des pains à cacheter ; entre lui et la pierre, on glisse un papier frotté de sanguine (ocre rouge); enfin on suit les traits avec une pointe : l’empreinte rouge subsiste sur la pierre.
Du leste on peut, esquisser directement sur la pierre au crayon non lithographique rouge ou noir; les traits ne résistent pas à l’eau acidulée et peuvent être effacés à la gomme de caoutchouc.
Le travail une fois préparé, on l'exécute au crayon lithographique (crayon gras).
Rien n’empêche l’artiste de se livrer directement à sa fantaisie avec un crayon gras sur une pierre nue. Il est bon que la pierre soit non polie, mais g rainée, ce qu’on obtient à l’aide de sablon plus ou moins fin. Le grain donne aux traits une sorte de transparence, le crayon ne prenant que sur les parties saillantes. On conçoit la nécessité de noircir le crayon pour que l’artiste sache ce qu’il fait, le noir indiquant simplement la place de la matière grasse. Suivant la teinte de la pierre, l’effet produit par le dessin change du tout au tout; un dessin fait en noir sur une pierre jaunâtre ou grise, revêt un aspect tout différent quand on tire sur du papier blanc; il retrouve l’aspect initial en tirant sur du papier de Chine. Certains artistes préfèrent travailler au crayon rouge.
Le dessin est retourné par l’impression. Si l’artiste veut éviter ce retournement, il doit copier son modèle vu dans une glace.
Il faut éviter les moindres taches, par suite le contact des doigts; si Ton ne travaille pas à main levée, le poignet reposera sur une règle transversale maintenue par des cales à quelque distance de la pierre.
3° — Pour enduire la pierre d’encre grasse, tous les outils sont bons en définitive.
On peut préparer les fonds avec un tampon qui, chargé plus ou moins de noir et plus ou moins appuyé, donne une grisaille plus ou moins foncée en ne fixant l’encre que sur les parties les plus saillantes des grains de la pierre. Pendant ce travail il est bon de protéger les parties de la pierre qu’on réserve, avec une couche d’eau gommée. On enlève ensuite la gomme avec une éponge mouillée, on laisse sécher et on continue le dessin au crayon par exemple.