Zincographie
Parmi les métaux, le zinc possède à un degré éminent les propriétés caractéristiques de la pierre calcaire; sec il fixe les encres grasses; il se mouille suffisamment et ne sèche pas trop vite. Employé sous forme de feuilles de 0,5 à 1 millimètre, il est moins cher, moins lourd, moins fragile, moins encombrant que la pierre.
On donne à la surface un état spécial en l’usant convenablement. La planche, fixée sur une table, est dressée et poncée. Suivant l’usage à laquelle on la destine, elle est polie jusqu’à l’emploi d’émeri d’un certain numéro; on ne va jamais jusqu’au poli spéculaire qui retient mal l’eau. La surface est lavée dans une solution alcaline qui dissout l’oxyde et avec de l’eau très faiblement acidulée; elle est enfin séchée.
L’écriture et les dessins s’exécutent sur le zinc séché comme sur la pierre; comme il fixe les corps gras mieux encore que la pierre, il faut éviter de le graisser. Le dessin fini, on prépare la surface avec un mélange de 1 000 centimètres cubes de décoction concentrée de noix de galle, obtenue par ébullition prolongée de 1 500 centimètres cubes d’eau et de 100 grammes de noix dans laquelle on dissout 20 grammes de gomme et 10 d’acide nitrique. L’acide gallique s’unit au zinc et le protège contre l’oxydation rapide. Après quelques minutes, on lave, on sèche. On enduit d’une solution de gomme arabique qu’on lave après quelques minutes. La planche séchée est prête pour l’impression.
L’impression s’effectue comme avec la pierre. Avant d’encrer, on mouille la planche à l’aide d’une éponge fine imprégnée d’eau rendue
Fig. 2(37.
visqueuse par un peu de dextrine. On passe alors le rouleau : l’encre ne s'attache qu’aux parties du zinc qui ont subi l’action du corps gras; on reproduit donc le dessin.