Jumelle stéréoscopique
1 0 — P°ur exagérer la sensation du relief, il faut écart er les yeux. Comme c’est impossible réellement on utilise un double système optique à travers lequel tout se passe comme si les yeux avaient l’écartement désiré.
v Nous décrirons plus loin le dispositif simple d’Helmholtz (téléstéréoscope, § 82).
La jumelle stéréoscopique est une double lunette de Galilée schématiquement représentée dans la figure .51. Entre l’objectif et l’oculaire de chaque lunette sont deux prismes éu réflexion totale dont le rôle est d’écarter les objectifs et de diminuer l’encombrement pour une distance focale donnée de ceux-ci. D’où un grossissement plus grand avec augmentation possible de la clarté (voir mon cours sur la Construction....).
L’objectif L donne une image réelle qui après quatre réflexions se forme renversée comme si les prismes n’existaient pas, mais comme si l’objectif était déplacé latéralement. Cette image joue le rôle d’objet virtuel pour l’oculaire divergent à travers lequel elle donne une image virtuelle droite qu’on regarde.
2° — Augmentation du relief.
Il n’est pas inutile de chercher suivant quelle loi est augmenté le relief par l’usage de ces appareils.
Soit 01? 02, les yeux; soit D = 01 02, la base (distance des pupilles). Le point A est à la distance o. On demande avec quelle approximation on peut évaluer la variation de distance AB = do.
Pour répondre à la question, voyons comment l’angle a qui mesure la rotation de chaque œil, est relié à dù. On trouve aisément :
D do
Fig. 51.
VISION DES FORMES
Ainsi la précision dans l’évaluation de c/8 varie en raison inverse du carré de la distance ; la mesure de c/8 exige donc une base considérable
quand la distance est grande.
Ce calcul est nécessaire pour montrer le peu de profit qu’on tire des jumelles stéréoscopiques dès qu’on regarde à quelques centaines de mètres, même si le grossissement est notable.
La formule précédente suppose en effet la vision à l’œil nu.
Comme conséquence même de la définition du grossissement, elle devient pour une lunette grossissant G fois :
GD
Posons
8 = 1 000 mètres, D = 20 cm. ; d’où : D : 8 = 2 . 10~4.
Cherchons à quelle condition la sensation du relief est appréciable sur un objet de 10 mètres d’épaisseur.
On a : c/8 : 8 = 10— 2 ; d’où: a = G10"6.
Or la seconde vaut 1 : 200 000 = 5 . 10-G.
Pour le grossissement G =5, il faudrait que l’œil pût évaluer la seconde d’arc.
Strabisme.
Je parlerai du strabisme parce que l’étude des strabiques est fondamentale pour établir la théorie de la vision binoculaire. Je me servirai du remarquable Manuel du Strabisme de Javal auquel je renvoie une fois pour toutes. Si je parle de l’étiologie et du traitement du strabisme, ce n’est que pour préciser nos idées, je n’ai aucune prétention oculistique ou médicale. Mais sous le prétexte que je ne suis pas médecin, m’abstenir de parler d’une affection qu’on peut très souvent guérir sans remèdes ni opérations, par de simples exercices optiques , me paraîtrait pousser jusqu’au stupide la séparation des genres. Au surplus Javal n’était médecin que de nom. C’était un excellent physicien.