Strabisme des myopes
1 0 — Strabisme divergent.
* Le myope dont les punctums proximums sont très voisins, doit beaucoup rapprocher les objets. Si l’un de ses yeux est moins myope ou plus astigmate, le myope trouve avantage à ne pas s’en servir; pour neutraliser facilement l’image correspondante, il écarte ses lignes visuelles : d’où un strabisme divergent (§ 50).
C’est le cas de ceux dont les yeux ne sont pas parfaitement égaux et qui se servent de besicles concaves pour travailler, ce qui leur permet de ne pas approcher l’objet regardé et corrélativement de ne pas converger. : '
■ Le strabisme divergent est facilité par cette circonstance que les yeux divergent naturellement quand on ne leur demande aucun effort, par exemple, pendant le sommeil naturel ou chloroformique. Quand un œil cesse de voir pour une raison quelconque (cataracte ou accident), il se met progressivement en divergence. Au surplus pour qu’il soit en divergence relative , il suffit qu’il ne converge pas dans la vision des objets proches; il s’habitue ainsi à rester en divergence relative pour toutes les distances de vision.
L’inégalité des yeux consiste dans une différence d’acuité visuelle ou de myopie. Mais le premier cas est de beaucoup le plus fréquent; ordinairement, même chez ceux qui louchent, la myopie est au début qua- • siment égale pour les deux yeux : c’est la différence d’acuité, le plus souvent causée par l’astigmatisme d’un des yeux, qui amène la divergence. Au surplus quand les yeux du strabique sont inégalement myopes, le surcroît de myopie de l’œil utilisé provient de ce qu’il est utilisé seul : ce n’est pas une cause, c’est un effet.
Même quand les yeux sont égaux, si la myopie est forte, la lecture binoculaire d’un texte implique des variations d’accommodation énormes, simultanées et inégales pour les deux yeux, en raison de l’inégale distance aux yeux des diverses parties de la ligne imprimée. On conçoit que le myope évite ce travail en divergeant et annulant une des images.
Pour guérir le strabisme divergent, une opération est généralement insuffisante. Il faut prescrire des verres corrigeant, outre la myopie, très exactement l’astigmatisme.
2° — Strabisme convergent.
Quand ses yeux sont bien égaux, le myope utilise les deux. Mais il doit converger beaucoup : il arrive alors que ses droits externes sont pour ainsi dire forcés : le redressement pour la vision éloignée est impossible. Le malade voit doubles les objets lointains : d’où un strabisme convergent alternant avec neutralisation d’une des images, strabisme qui augmente rapidement pour rendre la neutralisation plus
VISION BINOCULAIRE
facile. Au début de sa maladie lë myope strabique voit binoculairement les objets proches, monoculairement les éloignés.
On peut guérir le strabisme convergent des myopes en réapprenant au malade à voir simple et binoculairement les objets éloignés. On lui dit de fixer un point proche qu’on éloigne en l’exerçant à continuer de le voir simple. Corrélativement on lui prescrit des verres concaves avec défense d’approcher les objets qu'il regarde. Mais une guérison aussi simple est exceptionnelle parce que le strabisme est rarement pris à son début En général une opération est nécessaire, l’état relatif des muscles étant devenu permanent et la déviation acquise.
■St- - • —