‹ Vision et reproduction des formes et des couleurs. Vision mono et binoculaire. Illusions d'optique. Photométrie. Théorie des couleurs. Photographie. Procédés d'impressionChapitre 71 sur 392 · Association des dessins · texte numérisé non relu

Association des dessins

Quand on offre aux yeux des dessins dissemblables, en vertu de quel principe les associent-ils ? pourquoi choisissent-ils telle partie de l’un pour la conjuguer à telle partie de l’autre?

L expérience montre qu’ils assimilent les traits qui fournissent par leur assemblage un objet reconnaissable et usuel.

7° — Voici une première expérience (fig. 66).

On présente à l’œil droit D une verticale V, à l’œil gauche G l’inclinée

de même épaisseur I ; ils les associent en une droite AB dont les extrémités A et B ne sont pas à la même distance de l’observateur.

Traçons par le milieu de I une verticale u plus fine que V. Les yeux

VISION DES FORMES

se refusent à associer V et v; v est vu pour son propre compte, tandis que Y et I continuent à être fusionnées en la droite AB. Les yeux préfèrent associer les traits de même épaisseur comme ayant plus de chance d’être les perspectives du même objet. Au surplus la ligne v qui coupe la ligne I, apparaît coupant la ligne AB.

Dessinons deux verticales épaisses, puis une troisième plus fine.

Les lignes verticales épaisses sont fusionnées; mais la troisième ligne ne subit plus de changement de place.

2° — Lorsque la fusion est impossible, une des images est neutralisée (§ 50). Voici un exemple entre une infinité. Une double photographie montre le porche de Notre-Dame. Sur l’une des images est un fiacre attelé d’un cheval noir; par les portières ouvertes, on voit une affiche collée sur des échafaudages. Sur l’autre image est une voiture fermée attelée d’un cheval blanc. La fusion est impossible. Corrélativement les uns voient le fiacre, le cheval noir et l’affiche ; les autres voient le cheval blanc et ne voient pas l’affiche.' Les images des voitures ne pouvant servir à construire une image totale, l’une d’elles est supprimée. Cependant on ne néglige pas en entier l'une des images, puisque la sensation du relief continue d’exister pour le monument lui-même.

Cette expérience, répétée d’une infinité de manières, prouve que nous pouvons neutraliser nue partie des sensations de l’un des yeux; ce qui n’est explicable que si nous ne voyons les objets que par fragments successifs, comme le veut la théorie de Brücke, Prévost, Brewster (§ 62).

3° — Voici une troisième expérience non moins instructive.

Offrons respectivement aux yeux deux circonférences de rayons peu différents : nous voyons une circonférence unique de rayon intermédiaire. Voici l’explication de Brücke.

On j uge de la grandeur des objets par les" efforts musculaires pour en fixer successivement les divers points. Ici les efforts musculaires nécessaires pour fusionner successivement les points des cercles, sont intermédiaires à ceux qui le seraient pour le grand cercle ou pour le petit. D’où la grandeur apparente du cercle unique, intermédiaire de celle des constituants.

Cette expérience est encore contradictoire de la théorie par laquelle nous percevons les images en bloc. Perçues en bloc, elles ne pourraient fusionner.

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