‹ Visite a divers observatoires d'Europe: Notes de voyageChapitre 18 sur 33 · BONN · texte numérisé non relu

BONN

observée dans les deux positions de Finstrument. La pendule est de Kessels> avec compensateur barométrique.

Dans la salle du premier vertical est une lunette méridienne dont l'axe porte un vernier qui se déplace sur un arc de cercle fixe de 12® environ et qui a servi à Argelander pour certaines régions du ciel boréal.

Dans la coupole centrale est placé un héliomètre d'Utzschneider, de 6 pouces, avec lequel MM. Winnecke et Krûger, qui furent avec M. Schônfeld les élèves d'Argelander à Bonn, ont fait des observations de parallaxes d'étoiles.

Un cercle méridien, construit par MM. Repsold sur le modèle de ceux de Strasbourg et Bruxelles, vient d'arriver à l'Observatoire et sera bientôt installé dans une des salles de l'ouest, à la place qu'occupe actuellement un petit instrument universel.

L'Observatoire a été bâti en 1860; il y a encore ici au centre une coupole avec un équatorial, deux salles de part et d'autre à l'est et à l'ouest, et les maisons d'habitation aux deux extrémités ; le bâtiment central se prolonge un peu vers le sud et se termine par une seconde coupole un peu moins grande que la précédente et établie à une hauteur moindre; au nord-ouest, un pavillon isolé contient un équatorial de 6 pouces, provenant de l'ancien Observatoire.

Un cercle méridien de Pistor etMartins, dont la lunette a une ouverture de o™, 16 et une distance focale de 2"*, 70, a été installé en 1861 par Kaiser dans la salle de l'ouest. Depuis cette époque, l'instrument a reçu des additions et des modifications nombreuses, notamment en 18749 pendant le passage de Vénus ; on en a étudié de nouveau avec un soin particulier les diverses parties; tous les défauts de construction ont été analysés minutieusement, et, quand on n'a pu les éliminer, on a déterminé leurs effets sur les observations le plus souvent, et

lorsque cela était possible, par des méthodes différentes qui se contrôlaient mutuellement; ces conditions en font un des instruments les mieux installés parmi les cercles méridiens existants. La salle méridienne a lo" de largeur, 7°* de longueur et 5™ de hauteur; les murs sont en maçonnerie ; le toit est formé d'une double enveloppe en bois recouverte de zinc, avec du chaume dans l'intérieur; les trappes, également doubles, s'ouvrent en glissant sur le toit; un second système de trappes facilite l'aérage de la salle. Les piliers en maçonnerie sur lesquels l'instrument repose sont recouverts d'une enveloppe de feutre au-dessus de laquelle est placée à distance une seconde enveloppe de zinc. Avant que l'on adoptât cette disposition, et à l'époque de l'observation de la zone d'Argelander dont l'Observatoire s'était chargé, la présence seule de l'assistant qui lisait l'un des microscopes suffisait pour produire un déplacement de Torigine dans le cercle divisé, et ce déplacement allait en augmentant d'une manière graduelle. Une première tentative pour éliminer cette cause d'erreur avait échoué, parce qu'on avait placé le zinc immédiatement au-dessus du feutre ; depuis qu'on Ta éloigné, la variation ne s'est plus reproduite. Le tube de la lunette et l'axe sont en laiton ; les tourillons en acier reposent sur des coussinets en bronze. L'objectif et l'oculaire peuvent être changés de place aux extrémités du tube. Il y a deux cercles divisés de 5' en 5', de 1™ de diamètre environ. Le calage de la lunette se fait avec un frein qui pince l'axe dans

un collier à côté du cube ; ce frein s'engage, d'autre part, entre un ressort et une vis fixés au pilier, par une pièce articulée dans le plan de Taxe de rotation de la lunette, de manière à éviter toute flexion de cet axe par Teffort exercé dans le calage. Quatre rayons métalliques plantés dans Taxe servent à faire mouvoir la lunette. L'instrument est soulevé sur les coussinets au moyen de deux crochets qui prennent l'axe entre le cube et les cercles. Chaque cercle est lu par un système de quatre microscopes placés aux extrémités de rayons fixés dans la pièce des coussinets. Le micromètre est muni d'un grand nombre de fils fixes en ascension droite, pour les observations au chronographe, d'un fil mobile et de plusieurs fils fixes en déclinaison. L'éclairage s'obtient avec deux lampes à pétrole à double courant d'air, dont les flammes présentent une grande stabilité, placées de part et d'autre à i™,3o des piliers. Un système de deux prismes lance la lumière soit sur un petit miroir convexe collé sur la face intérieure du flint po.ur l'éclairage du champ, soit sur un système de quatre prismes placés .dans le micromètre pour la production des fils brillants sur champ obscur. Un tamis disposé dans l'un des cônes de l'axe, et que l'on incline plus ou moins, sert à régler l'intensité de la lumière. Autrefois la lumière qui éclairait les divisions des cercles arrivait par quatre tubes fixés aux pièces qui portent les coussinets ; l'éclairage était défectueux, et l'on éprouvait de grandes difficultés à le régler, à cause de l'inclinaison du plan du

limbe sur le plan du cercle ; actuellement, quatre colonnes en fer, deux au nord et deux au sud, portent chacune deux miroirs qui reçoivent la lumière de la lampe et la renvoient ensuite sur les biseaux réflecteurs qui terminent les microscopes; on a pu, dans ces conditions, mettre des grossissements de 5o fois, tandis qu'auparavant on n'avait jamais pu dépasser i5 fois. Quatre lentilles disposées un peu en avant de chaque lampe servent à éclairer les tambours des microscopes. Quand on n'observe pas, l'instrument est recouvert par une cage vitrée mobile sur des rails de l'est à l'ouest. Il y à deux mires de loo™ et 65™ de distance focale, que l'on éclaire, comme à Poulkova, en plaçant alternativement sur les piliers des objectifs de mire une lampe derrière une lentille. Ces piliers sont dans la salle méridienne, comme à Poulkova. Le bain de mercure consiste en une plaque circulaire de cuivre amalgamé recouvert d'une mince couche de mercure ; des expériences nombreuses semblent avoir donné une préférence marquée à cette disposition. Il est. porté sur un plancher qui s'appuie contre les piliers de l'instrument; les images sont d'une netteté et d'une fixité remarquables si, pendant les pointés, on a soin d'entourer le bain avec un cylindre en carton, afin de le protéger contre les agitations de l'air. Un deuxième bain de mercure peut être placé sur un plancher qui repose contre les piliers de Tinstrument et l'un des piliers des objectifs de mire pour les observations par réflexion. Les erreurs de division des

cercles ont été données dans le Tome II des Annales de l'Observatoire; le même Volume contient une étude approfondie sur la flexion verticale, reprise depuis par M. Bakhuyzen; les coeiïicients de sinz ont été trouvés différents avec les deux cercles : o", 28 est la valeur absolue pour Fun, 0^,09 pour l'autre. Il existe aussi une faible flexion latérale qui ressort des valeurs de la collimation déduites d'une part du retournement sur la mire, de l'autre des observations nadirales. Les tourillons, usés par les crochets du niveau, ont dû être de nouveau travaillés et étudiés une seconde fois avec un appareil décrit dans le Tome I des Annales et modifié depuis par M. Bakhuyzen; puis, pour éviter la reproduction d'un fait semblable, on a placé de chaque côté, sur la pièce des coussinets, un levier qui agit au moyen d'un ressort sur les crochets, de manière à soulager les tourillons d'une partie du poids du niveau. Enfin un dernier fait, qui témoigne du soin avec lequel M. Bakhuyzen a étudié son instrument, se manifeste dans la comparaison des lectures aux deux cercles pour une position déterminée de la lunette; il y a entre elles une différence qui atteint o", 3 ou o",/\^ tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre, suivant le sens de la rotation imprimée à la lunette pour l'amener dans cette position. Cette anomalie tient sans doute aux résistances inégales qu'opposent à la rotation les crochets qui soulèvent l'axe, et qui ont pour effet de produire une torsion dans Taxe lui-même.

Les observations se font au chronographe, avec une pendule à interrupteur de Knoblich, placée contre le pilier du grand équatorial; le chronographe est dans une salle voisine ; la pendule fondamentale à compensateur à mercure est de Hohwii, d' Amsterdam, et installée dans la salle méridienne, dans une double cage en bois qui la protège contre les brusques variations de température. Un microphone permet à l'observateur de s'assurer à tout instant du fonctionnement du chronographe. Des études fort intéressantes ont été faites par M. Bakhuyzen sur les variations d'amplitude du balancier avec la température, en fixant à Texlrémité de ce balancier un petit miroir qui réfléchissait un point lumineux sur une échelle divisée. Des courbes ont été également tracées pour représenter les variations de l'amplitude avec la position du poids.

Signalons enfin quelques appareils auxiliaires complétant cette belle installation. Un couvercle à mailles métalliques serrées, semblable à ceux adoptés pour les héliomètres, peut être placé devant l'objectif, dans une position plus ou moins inclinée, pour l'observation d'une même étoile dans des conditions difi^érentes d'éclat. En faisant ces observations de manière à éviter les erreurs systématiques, observant d'abord une étoile aux fils qui sont d'un côté du méridien avec obturateur, puis avec l'objectif libre, faisant l'inverse pour l'étoile suivante, on a été conduit à celte conclusion constante, à savoir que l'on observe toujours plus tard les étoiles les plus faibles.

Un appareil destiné à l'étude des équations personnelles est établi sur le pilier de l'objectif de la mire nord. Un système composé de deux prismes, pour l'achromatisme, mû par un mouvement d'horlogerie, envoie dans la lunette, par l'intermédiaire de deux miroirs plans ( ' ), l'image de la mire, dont on observe les passages à travers les fils comme pour une étoile; ces passages sont, d'autre part, enregistrés automatiquement au moyen de contacts électriques : la comparaison des résultats obtenus permet de conclure l'équation personnelle. Ces observations se font d'ailleurs à des hauteurs variables de la lunette; on peut aussi opérer en se servant du bain de mercure, auquel cas un seul miroir suffit. Un avantage incontestable de ce procédé tient à ce que les observations sont faites dans les mêmes conditions que celles des astres eux-mêmes, ce qui est sans doute de la dernière importance dans des recherches de cette nature.

Le cercle méridien est employé depuis quelque temps déjà à l'observation de quatre-vingt-dix étoiles circompolaires dont la grandeur n'est pas inférieure à la 7®, distantes du pôle de 6^,5 au plus; chaque étoile est observée directement et par réflexion dans les deux positions de l'instrument, et, pour chaque position, en intervertissant l'objectif et l'oculaire, ce qui fait seize

(*) Ces deux excellents miroirs, fournis par M, Martin, sont légèrement sphériques. M. Bakhuyzen a trouvé i4''™ pour le rayon de Tun et 30*"" pour celui de l'autre.

opérations pour robservation complète d'une étoile. Cet important travail, interrompu momentanément par la détermination de la longitude entre Leyde et Greenwich, faite par M. Bakhuyzen et son frère, qui remplit à l'Observatoire les fonctions de premier astronome, sera repris incessamment. M. Bakhuyzen doit en outre entreprendre, de concert avec M. Glll, directeur de l'Observatoire du Cap, la formation d'un Catalogue de quatre cents étoiles environ, parmi lesquelles un certain nombre, situées dans le voisinage du zénith de l'un des Observatoires et près de l'horizon pour l'autre, permettront d'étudier les effets de la réfraction à une faible hauteur ; deux cents étoiles de l'hémisphère sud serviront d'étoiles de comparaison pour le Catalogue en cours d'exécution de M. Schônfeld.

L'Observatoire possède encore divers instruments. Dans la coupole du sud est installé un vieil équatorial d'Utzschneider et Fraunhofer, avec tube et pied en bois, servant à faire les observations courantes de comètes et de planètes. La coupole est de forme sphérique, recouverte en bois, avec une seconde enveloppe extérieure en toile ; elle roule sur des sphères. Dans la coupole du nord, un équatorial de 7 pouces de Merz, avec tube en bois et mouvement d'horlogerie d'Eichens, auquel on peut adapter un micromètre à double image d'Airy, a servi à faire des mesures d'étoiles doubles et des diamètres des planètes qui ont été publiées dans le Tome III des Annales; ce même Volume contient une relation très

détaillée sur ce micromètre. M. Bakhuyzeny afait, dans ces derniers temps, des mesures du diamètre de Mars. La coupole est sphérique, recouverte en bois avec revêlement en zinc. Une vaste salle placée entre les deux équatoriaux contient une collection nombreuse d'instruments divers, et parmi eux les appareils imaginés par Kaiser pour la détermination de l'équation personnelle, unchercheur de comètes de Mei^, un petit instrument brisé de Repsold, de 2 pouces d'ouverture, avec lequel M. Bakhuyzen se propose d'observer dans divers azimuts les étoiles qui seront observées au méridien, en commun avec M. Gill. Pour la circonstance, cet instrument sera installé sur un pilier établi dans la coupole isolée du nord-ouest; il occupera cette. place alternativement avec un héliomètre de Merz, destiné à des observations sur la libration de la Lune. Il y a encore un chercheur de Steinheil dans la même coupole.

Il convient encore de citer un instrument construit par Repsold, imaginé par M. Bakhuyzen, destiné dans le principe à faire des mesures des photographies du passage de Vénus, lequel peut être utilement employé à l'étude des vis et en particulier à l'étude de la vis du micromètre à double image d'Airy.

Les quatre premiers Volumes des Annales de l'Observatoire, contenant, le Tome I une description complète de l'Observatoire, des instruments et les observations faites avec le cercle méridien, les Tomes II et III des positions d'étoiles pour les déterminations de longitudes et de lati-

tudes, tous trois parus au nom de Kaiser, alors directeur de l'Observatoire, le Tome IV publié à la fin de 1872 par le nouveau directeur et renfermant la première partie delà zone du Durchmusterung d'Argelander, s'étendant de + 29°5o' à +35® 10', seront bientôt suivis d'autres Volumes ; le Tome V donnera la suite et la fin de la zone, le Tome VI la réduction des observations faites en déclinaison au cercle méridien, directement et par réflexion dans les deux positions de l'instrument ; les ascensions droites seront publiées ultérieurement. Les observations des distances polaires du Soleil ont été déjà réduites, dans un travail relatif à l'inclinaison de l'écliptique, par le frère de M. Bakhuyzen ( * ). Les observations de a et S Petite Ourse ont été publiées au fur et à mesure.

( * ) Bepaling van de HelUng der ecliptica uit waarnemingen Derricht aan de Sterrenwajcht te Leiden. Leiden, E.-J. Brill, 1879.

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BRUXELLES. qS

L'Observatoîre a été construit en i83o; il comprend un seul bâtiment divisé en trois parties : l'aile de Fouest est habitée par le directeur; la partie centrale renferme la salle méridienne ; les bureaux, la bibliothèque et divers instruments sont installés dans le corps de bâtiment qui se trouve à Test. La salle méridienne contient une lunette de Gambey de o™, i6 d'ouverture et 2^,4^ de distance focale, et un cercle mural de Troughton, de i",3o de diamètre; on y observe les étoiles fondamentales et les étoiles de culmination lunaire; on reprend en outre la détermination de la latitude au cercle mural, et M. Lagrange (*), astronome de l'Observatoire, étudie la flexion de la lunette par la méthode de Bessel. La pendule sidérale de la lunette méridienne est de Kessels,

(*) Z)e l'origine et de l'établissement des mouvements astronomiques, !'• et 2* Partie, 1878 et 1879. Recherches sur l'influence de la forme des masses dans le cas d'une loi quelconque d'attraction diminuant indéfiniment quand la distance augmente, 1880; par Lagrange. Hayez, imprimeur.

d'Altona. Au-dessus du bâtiment de Test est placé depuis trois ans un équatorial construit par Cooke, d'York, avec un objectif de Merz de o™, i5 de diamètre et 2", 60 de distance focale ; le micromètre est disposé pour l'enregistrement des pointés faits avec le fil mobile ; l'instrument est muni d'un mouvement d'horlogerie. M. Niesten (*) y observe les phénomènes des satellites de Jupiter, y fait des mesures d'étoiles doubles et des dessins de diverses planètes. Un jeune élève astronome a fait avec un équatorial de nombreux dessins de la Lune. Au-dessus du bâtiment occidental est installé un équatorial de.Troughton et Simms, de 0^,09 d'ouverture et ï°*,5o de foyer, dont l'axe horaire, formé de quatre barres en métal reliées par deux cercles, repose par ses extrémités sur deux piliers en maçonnerie supportés par un^ voûte. Le tube de la lunette est en laiton. Cet instrument est employé à l'observation des satellites de Jupiter. L'Observatoire possède depuis quelque temps une installation spectroscopique, placée dans la partie ouest du bâtiment, dans une salle du premier étage, confiée à M. Fievez, qui dispose d'un spectroscope à dix prismes de Young, construit par Grubb, d'un spectroscope de Christie, construit par Hilger, de Londres, et d'un réseau de Rutherfurd ayant sept cents traits par millimètre ; une bobine deRuhmkorff, avec condensateur,

(*) Observations sur l* aspect physique de Jupiter et Mars pendant les oppositions de 1878 et 1880; par Niesten. Hayez, imprimeur.

construite par Gaiffe, de Paris, peut donner une étincelle de o™,5o.

Un nouveau cercle méridien fourni par la maison Repsold, semblable, à quelques détails près, aux cercles de Strasbourg et de Bonn, est provisoirement établi dans une cabane au milieu du jardin. Le tube et l'axe de la lunette sont en laiton; les tourillons, en acier, reposent sur des coussinets en bronze fixés au centre des faces de deux tambours en fonte couchés sur deux piliers en maçonnerie. La lunette a o"^, i5 d'ouverture et i^^go de distance focale ; Taxe porte deux cercles divisés de o™, 60 de diamètre; ces cercles sont placés en entier en regard des tambours, de manière que toutes leurs parties se trouvent dans les mêmes conditions de température. Les leviers chargés de diminuer le frottement des tourillons ont leurs points d'appui sur les tambours; les crochets prennent l'axe de rotation entre le cube et les cercles divisés; les contre-poids sont placés sous le plancher, aux extrémités de deux chaînes qui traversent les piliers. Quand l'instrument est enlevé des coussinets pour le retournement ou une autre cause, des poids établis en permanence entre les deux piliers sont attachés aux crochets, afin que les tambours se trouvent toujours soumis aux mêmes forces et qu'il ne puisse se produire des mouvements dus à une modification dans l'état d'équilibre des diverses parties. L'un des cercles est divisé de a' en 2', l'autre de degré en degré seulement, à l'exception des quatre degrés placés aux extrémités de

deux diamètres perpendiculaires, divisés également de a' en 2'. Le second cercle est mobile autour de Taxe de là lunette au moyen d'un engrenage ; il peut être maintenu dans une position invariable par deux vis de pression qui agissent du même côté du cercle dans un sens parallèle à l'axe. Chaque tambour en fonte porte quatre microscopes pour la lecture des cercles ; quatre petites lunettes, deux de chaque côté, correspondant aux positions de l'observateur au nord et au sud, permettent de lire le calage. La lunette peut être fixée à l'aide d'un frein qui serre l'axe dans un collier, près du cube, et s'engage dans une pièce métallique encastrée dans l'un des piliers et munie d'une vis de rappel. L'observateur peut caler l'instrument avec une tige disposée le long du tube, sans quitter son siège, et agir de même sur la vis de rappel avec une corde qui s'enroule sur une poulie dans le voisinage de l'oculaire et passe ensuite sur une roue mobile autour de l'axe de la lunette pour aboutir à la vis. On fait mouvoir l'instrument en prenant à la main un cercle creux, en cuivre très léger, fixé à côté du cube. Toutes ces pièces sont équilibrées avec soin, afin que l'instrument se trouve également chargé de part et d'autre de Taxe optique de la lunette. Le micromètre possède un grand nombre de fils mobiles verticaux pour les observations au chronographe ; il y a deux plaques de fils mobiles, une pour l'ascension droite, l'autre pour la déclinaison. Un chronographe çst commandé à Dent. Deux lampes placées à distance contre les parois de la

salle éclairent le champ, les fils et les divisions des cercles. Un bain de mercure est établi en permanence sous le plancher pour les observations du nadir; un autre placé sur un chariot servira aux observations par réflexion ; il y a un collimateur installé sur un pilier au nord, un autre au sud. Les tourillons ont Un diamètre deo^", I o ; dans l'un d'eux est fixé un objectif; dans l'autre, au fi^yer de cet objectif, une plaque de verre ayant à son centre un petit anneau qu'on y a tracé par la Photographie; de cette manière, l'axe est lui-même un collimateur que l'on pointe avec deux lunettes munies de microscopes reposant sur deux piliers établis dans la ligne est-ouest, ce qui permet de contrôler les valeurs et les variations de l'inclinaison obtenues avec le niveau, de rectifier au besoin la position de l'axe, et, de pkis, d'étudier la forme des tourillons. Des vis placées dans les pieds qui font porter les tambours en fonte sur les piliers en maçonnerie servent à régler en azimut et en hauteur. Cet instrument n'est pas employé à des observations régulières ; l'observateur de la lunette méridienne, M. Goemans, y étudie les erreurs de division des cercles. Il ne sera installé d'une manière définitive que dans le nouvel Observatoire, dont la création est rendue de plus en plus nécessaire par l'extension toujours croissante de la ville dans les environs de l'Observatoire actuel, bien moins encore que par l'insuffisance d'espace, qui rendrait dès à présent impossible l'établissement d'instruments nouveaux; c'est là aussi seulement que sera monté un

équatorial de i5 pouces, à objectif de Merz, conslrui par Cooke, et que l'on est obligé de tenir enfermé danâles caisses, faute de place.

Les publications de l'Observatoire se poursuivent^ activement; plusieurs Volumes de la nouvelle sérit.L inaugurée avec la direction de M. Houzeau, ont paru oijj sont sur le point de paraître. Le Tome I contient IdL. travaux personnels dé M. Houzeau, son uranométried deux hémisphères, donnant toutes les étoiles visibles l'œil nu jusqu'à la 6® grandeur, et un précieux recueil d constantes de l'Astronomie. Les Tomes II et III donnent les observations de dix mille étoiles soupçonnées d'avoir ou ayant réellement un mouvement propre notable; le Tome IV en publiera le Catalogue. M. Houzeau a entrepris en outre, avec la collaboration de M. Lancaster, bibliothécaire de l'établissement, la publication d'une bi- 1 bliographie générale de l'Astronomie, en trois Volumes: les deux premiers seront bientôt terminés ; le deuxième, qui contient l'indication des Mémoires des Académies, des Sociétés savantes et des articles des Journaux, paraîtra d'abord; puis viendront le Tome I, consacré aux publications individuelles, et enfin le Tome IH? relatif aux observations.

Le magnétisme et la Météorologie occupent une place importante dans les travaux de l'Observatoire. Dans l'une des salles de l'est, une boussole de déclinaison, un barreau bifilaire de Gauss et une aiguille d'inclinaison, observés quatre fois par jour et de trois en trois heures,

permellenl de contrôler les résultats fournis par des enregistreurs photographiques construits sur le modèle de ceux de Kew par Adie, de Londres, et installés dans le sous-sol. Parmi les instruments météorologiques, il convient de citer les enregistreurs photographiques pour ^ thermomètre et baromètre, du même constructeur, un électromètre enregistreur photographique de Thomson, construit par Wite, de Glascow, et un météorographe électrique pour thermomètre, baromètre, direction et vitesse du vent, imaginé par Rysselberghe, météorologiste de rObservatoire, construit par Schubart, de Gand, qui trace avec un seul burin, sur une feuille métallique enroulée autour d'un cylindre, les courbes répondant aux divers instruments, lesquelles peuvent être ensuite reproduites par Timpression à un grand nombre d'exemplaires ayec une extrême facilité. L'instrument est en fonction à l'Observatoire depuis le commencement de 1879 ; il en a été fait huit autres du même'genre, distribués dans divers établissements. Citons encore un pluviomètre enregistreur, basé sur le même principe que celui de M. Hervé Mangon. et qui donne la durée, le commencement et la fin de la pluie.

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L'Observatoire continue, sous la direction du savant astronome royal, M. Airy, la série non interrompue des observations qui ont rendu cet établissement justement célèbre. Les instruments sont bien connus. C'est d'abord le cercle méridien de Troughton, muni d'un seul cercle divisé, avec deux collimateurs, un bain de mercure, sans niveau et sans mires ; l'axe de rotation est lui-même un collimateur que l'on pointe avec une lunette établie dans le mur, en face de l'un des tourillons. Les observations se font au chronographe. C'est ensuite Taltazimut, dans la partie ouest du bâtiment, et dans la partie est, sous une coupole cylindrique recouverte d'une enveloppe en bois doublée de toile à l'extérieur, mobile* sur des sphères et avec des trappes seulement d'un côté du zénith, unéquatorialde 12 pouces anglais d'ouverture et 18 pieds de distance focale. Le tube de la lunette est carré et formé de quatre planches en bois; il est fixé par son centre au milieu de l'axe polaire, dont les deux extrémités reposent sur des supports ; cet axe est composé de cinq

GREENWICH. lOl

colonnes métalliques reliées par des armatures de forme elliptique; les deux cercles d'ascension droite et de déclinaison, de très grands diamètres, sont divisés avec précision; il y a un mouvement d'horlogerie. Citons encore un équatorial de 6 pouces de Cookç,**'avec lequel ©n observe les occultations d'étoiles par la Lune et les phénomènes des satellites de Jupiter.

Depuis quelques années les travaux d'Astronomie physique ont pris, grâce à M. Christie, un essor considérable, dont témoignent les publications annuelles de l'Observatoire. Des photographies du Soleil sont faites régulièrement avec un photohéliographe installé dans le jardin; on mesure sur ces photographies les positions des taches, des facules et leur étendue. Le grand équatorial est employé presque exclusivement à des observations spectroscopiques, faites par M. Christie et son assistant, M. Maunder. Le spectroscope dont il est fait usage a été imaginé par M. Christie ( * ) et construit par M. Hilger; sa longueur est d'environ o"*,3o; le maniement en est des plus faciles ; il consiste essentiellement en trois demi-prismes, composés chacun d'un demi-prisme de flint d'un angle de 57^ et d'un prisme de crown de 1 10"; une vis permet de les faire tourner sur eux-mêmes pour l'observation des diverses régions du spectre ; les

( * ) On the niagnifyinor pov\'er of the half prism as a mean of obtaining great dispersion.... \ by W.-H.-M. Christie (IVom the Procccding's of the Royal Society, n° 179; 1877).

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